samedi 31 mars 2018

La grosse offensive !

Pas eu beaucoup de temps pour écrire sur ce blog ce mois-ci... ni ailleurs d'ailleurs! Les temps ont été compliqués pour le Directeur d'école/enseignant légèrement débordé par diverses tâches et une classe de maternelle aux effectifs excessifs excitée de ne pas pouvoir mettre le nez dehors pour cause de pluies incessantes. Ouf, trois jours de répit, et plus qu'une petite semaine avant les prochaines vacances. J'avoue ne plus en pouvoir.

Cela ne m'a pas empêché néanmoins de constater avec ironie la très attendue "grosse offensive" syndicale de printemps sur les Directeurs d'école. J'ai dans le billet précédent évoqué une centrale historique, une autre que j'attendais au tournant n'a pas manqué de nous faire son discours et de nous sortir sa pétition sur le thème "la coupe est pleine pour les dirlos". Je parle de FO bien entendu, qui marque son territoire à la manière des hippopotames en vue des élections professionnelles de fin d'année, au cas où nous serions trop stupides pour voir leurs gros sabots. Par charité chrétienne, j'aime autant m'abstenir d'écrire ce que je pense.

Droit dans ses bottes, le SGEN-Cfdt continue son petit bonhomme de chemin en vantant les mérites de l'établissement du 1er degré, revendication que soutient également le GDiD tant nous croyons que c'est le meilleur moyen de conserver des structures territoriales gérées par un vrai Directeur d'école issu du terrain... et qui pourrait éventuellement y retourner s'il le souhaitait. Mais voilà-t'y-pas que le syndicat nous sort cette semaine un projet lourdingue qui complique les choses au lieu de les décomplexifier, projet dans lequel le Directeur d'établissement primaire ne serait plus qu'une portion congrue - nous sommes à peine cités! - noyée dans une profusion de nouvelles structures administratives castratrices. Question simplification, bonjour. Bref, copie à revoir, je pense. Au boulot! Notez que le SGEN continue son tour de France pour convaincre (le 6 avril à Montpellier, le 11 à Vannes, etc), que c'est sous forme de "formation syndicale" - absence de droit -, et que si vous souhaitez exprimer vos idées, vos réticences, vos doutes ou votre enthousiasme, c'est certainement le bon endroit.

Non, le travail syndical le plus épatant de ces quinze derniers jours est celui du SE-Unsa, à qui je tire mon chapeau. Je n'attendais pas grand chose de leur "quinzaine" consacrée aux Directrices et Directeurs d'école, mais leur lobbying est remarquable d'efficacité! Alors qu'on aurait pu croire que les "assises de la maternelle" initiées par le Ministre allaient faire la majorité des gros titres de presse sur l'éducation, c'est l'appel du SE qui a tenu le devant. Il faut dire que les sections locales de nombreux départements ont fait un travail considérable pour soutenir l'action nationale, avec des arguments imparables si j'excepte celui des "aides à la Direction" qui m'agace toujours autant. Du beau boulot, j'apprécie en connaisseur.

Le hasard du calendrier a fait qu'au même moment la CASDEN sortait son "enquête sur le moral des Directeurs d'école", un travail initié et conduit depuis 2003 par Georges Fotinos (si vous n'avez pas encore répondu à cette enquête, ne manquez pas de le faire en cliquant sur le lien ci-dessus). Les résultats de cette consultation sont chaque fois probants...

Bon, je vais aller manger un œuf au chocolat, un peu de magnésium ne me fera pas de mal. Joyeuses Pâques!

samedi 10 mars 2018

Un ennemi déclaré !

Les élections professionnelles de la fin de l'année 2018 excitent les centrales syndicales, dont certaines commencent fort opportunément à se rappeler l'importance des Directrices et Directeurs d'école - qui votent, eux ! - dans le processus décisionnel des enseignants du primaire.

Si le SGEN-Cfdt, le SE-Unsa, le SNALC et d'autres ont depuis longtemps pris position en faveur de la reconnaissance effective du métier de Directeur d'école, avec des projets divers, des idées différentes voire divergentes, mais au moins l'affirmation à peu près claire de la nécessité d'un statut (avec des nuances) pour notre métier spécifique, d'autres en revanche atermoient depuis toujours ou réfutent catégoriquement notre existence.  Un exercice est amusant d'ailleurs qui consiste à taper dans un moteur de recherche les mots "directeurs d'école" et ensuite "direction d'école" et de comparer les résultats: d'un côté vous trouverez des liens vers des articles des syndicats progressistes, de l'autre des liens vers des articles des syndicats "bizarres" pour lesquels l'individu n'existe pas sinon au travers du collectif... Suivez mon regard.

Parmi les plus récentes publications, celle du SNOOPY - pardon, du SNUipp, excusez, une vieille habitude - attire mon attention tant elle est bancale. J'ai l'impression que l'élaboration du texte a mobilisé la vigilance des élus nationaux qui voulant ménager chèvre et chou, soit électorat de base et Directeurs d'école, ont choisi chaque mot avec prudence. On peut y voir selon sa concentration un effort grinçant, ou une déclaration de guerre.

Allons, je vous mets le lien, ça me donne de l'urticaire, mais si je veux être clair...

Le syndicat, qui semble-t-il découvre notre situation au détriment de sa propre histoire (nous en avons tous pris plein les dents avec la célèbre "grève administrative" qu'ils ont opportunément oubliée), nous promet des "états généraux de la direction d'école". Passons d'emblée, chères et chers camarades de lutte, sur la rhétorique révolutionnaire qui me fait bien marrer tant j'ai du mal à imaginer un des trois rigolos du triumvirat snuippien en Mirabeau: "Nous sommes ici par la volonté du Peuple!".  Il y a des coups de baïonnette qui se perdent...

Passons aussi sur l'obsession des "pressions territoriales" qui consiste à nier d'une part que l'école soit communale, d'autre part que les élus peuvent être nos premiers partenaires à condition de savoir se les allier. Bien entendu je ne nierai pas ici, surtout auprès de certains d'entre vous qui ont eu à gérer des situations complexes, que c'est parfois compliqué voire infernal. Mais cela n'a rien à voir.

En revanche une première phrase m'interpelle gravement au niveau du vécu (... désolé, je n'ai pas pu m'empêcher...): "... Dans ce contexte difficile, il y a urgence à améliorer le fonctionnement pédagogique, éducatif et administratif de l’école ainsi que la reconnaissance de l’exercice de la fonction de direction." Enfer et damnation ! Ciel et putréfaction ! Le SNUipp changerait-il son fusil d'épaule? Que signifie donc cette "reconnaissance de l’exercice de la fonction de direction" ?

Pas grand chose. Concrètement même, cela ne veut rien dire. L'exercice de notre fonction est déjà explicité pleinement par le référentiel-métier de décembre 2014. Quant à sa reconnaissance, le SNUipp ne daigne pas nous expliquer ce qu'il demande. C'est logique, vous me direz, il ne demande rien, il veut juste convoquer des "états généraux", histoire certainement qu'on lui explique ce qui ne va pas. Ce qui implique qu'il n'en sait rien, et c'est un comble. Cela m'agace autant, tiens, que le discours actuel du SE qui nous pond un "enquête" afin de "placer la question de la direction d’école dans le paysage ministériel". T'en foutrai, moi, des enquêtes... M'énerve! Quand je pense que le SE a été à nos côtés depuis tant d'années pour jouer les vierges effarouchées en 2018... Grrrr.

De toute manière, si vous aviez une quelconque illusion quant aux objectifs du, vous pouvez avec allégresse mais détermination vous en tamponner le coquillard. Car le premier objectif de cette décidément inénarrable centrale inexorablement vouée à terme à une disparition peu glorieuse est (je cite) "Une publication pour mettre en avant le projet du SNUipp-FSU pour la direction d’école passant par l’amélioration des conditions d’exercice le projet démocratique pour l’école et la critique de la mise en place d’un statut de directeur d’école." Voilà qui est clair, cette fois. Les mots "projet démocratique" me font encore une fois hurler de rire, je ne savais pas que j'étais élu à mon poste, mais pourquoi pas, hein, qui n'ose rien n'a rien, même Robespierre après avoir guillotiné la moitié de ses contemporains a fini par crever couché sur une table la mâchoire arrachée.

Bref, cette découverte, si elle m'a mis en joie, n'a même pas été une illusion momentanée. Le Snoo... le machin ne veut pas de statut pour les Directrices et Directeurs d'école, un point c'est tout. Vous attendiez autre chose?

Moi oui. J'attends maintenant les offensives de SUD, de la CGT, de FO. Parce que j'aime bien rigoler.


dimanche 25 février 2018

Le prisonnier...

Une petite fantaisie parodique pour consoler les prisonniers de la zone A qui vont demain matin remettre le collier... et aussi pour les "vieux" qui ont connu l'extraordinaire série de Patrick McGoohan ! A partager sans modération...


mardi 20 février 2018

Des questions sans réponse...

Depuis quelques mois de nombreux Directeurs et Directrices d'école se mobilisent pour interpeller nos élus et représentants de la Nation à l'Assemblée nationale. Cette mobilisation est une excellente chose, qui peut faire prendre conscience à de "jeunes" députés - qui dans cette législature sont pour beaucoup néophytes - qu'il y a un problème majeur dans le pilotage des écoles en France.

Cela fait de nombreuses années qu'on nous serine une prétendue "priorité" qui serait donnée au primaire dans les projets gouvernementaux, priorité dont il faut bien écrire qu'elle reste nébuleuse, si j'excepte l'ISAE bien réelle. Les mesures du protocole PPCR, en dehors de celles qui ne coûtent rien, sont suspendues dans les limbes. Quant aux Directeurs d'école...

Plusieurs députés, par le biais des "Questions écrites", se sont donc ces dernières semaines adressés à Monsieur le Ministre de l’Éducation nationale pour dénoncer notre situation. Des questions pour l'instant sans réponse. Il est vrai qu'avec la réforme du baccalauréat - nécessaire - et de l'entrée dans le Supérieur, M. Blanquer avait certainement, je veux bien l'admettre, quelque chats à fouetter. Et je pense qu'il ne tardera pas à s'exprimer sur la difficile question de la Direction d'école. Il reste à espérer que ce ne sera pas avec la légèreté qui fut la sienne lors de la réponse orale à M. Lionel Causse, réponse que j'ai récemment dénoncée.

Parmi les questions nouvellement posées par nos députés, certaines m'interrogent, voire même me dérangent, car elles ne mettent en avant nos difficultés que par le biais de la disparition des EVS "aide à la direction". A trop vouloir le bonheur de tout le monde, je pense que nous nous tirons une balle dans le pied. Ce qui est en cause est moins l'absence d'une aide non qualifiée pour laquelle chacun dans notre coin nous avons dû inventer des tâches subalternes, que la façon dont le rôle du Directeur d'école est conçu. Ce qui pouvait fonctionner en 1880 ne fonctionne plus 140 ans après. Les Directrices et Directeurs qui n'ont pas charge de classe ne sont "à tout casser" que 2500 en France, contre 44000 chargés de classe! Ce chiffre est effarant: 94% des Directrices et Directeurs d'école doivent exercer simultanément deux activités professionnelles distinctes! Ne revendiquer que sur la disparition des AAD consiste à nier l'existence de notre métier spécifique pourtant institutionnalisé par un référentiel, pour faire croire qu'il suffirait d'une vague assistance non qualifiée pour que tout se passe bien dans le meilleur des mondes scolaires. C'est faux, et c'est suicidaire. Le problème de fond est autrement plus grave.

C'est ainsi que peut hélas se lire la question posée par Mme Charvier, députée LREM du Doubs, avec tout de même une remarque que je veux mettre en exergue car elle très juste: "... comme la journée hebdomadaire de décharge n'est pas suffisante puisque certaines de ces tâches doivent être effectuées au quotidien, cela entraîne de facto une dégradation des conditions d'enseignement pour leurs élèves."

C'est ainsi aussi que peut se lire la question posée par M. Houbron, député LREM du Nord, ou celle de Mme Gomez-Bassac, députée LREM du Var, avec là également une remarque intéressante: "L'absence de statut ou de modèle de gestion libérant du temps risque de mettre en péril l'ambition de son ministère à mettre l'accent sur la scolarité, l'accompagnement et la réussite des plus jeunes à l'heure où ils débutent des apprentissages fondamentaux."

Beaucoup plus intéressantes en revanche sont trois autres questions que j'ai découvertes sur le site de l'Assemblée nationale. Celles-ci mettent l'accès sur notre position intenable et l'absurdité d'une double-casquette que nous dénonçons depuis tant d'années.

D'abord une seconde question de M. Houbron, encore lui, décidément fort actif pour ce qui nous concerne et dont nous devons bien retenir le nom, ne serait-ce que pour le remercier. Le député du Nord met l'accent sur ce qui fait mal.Après une litanie des tâches les plus lourdes genre PPMS ou AFFELNET, que je vous épargnerai parce que vous savez ça très bien, M. Houbron précise avec force et justesse: "... Il rappelle que la plupart de ces directrices et directeurs d'école travaillent dans des petites structures et exercent aussi le métier de professeur des écoles impliquant de ce fait la charge d'une classe. Il constate que ce métier s'ajoute la gestion d'une école dans ses aspects les plus prosaïques à savoir la répartition des élèves, l'organisation et la gestion des temps scolaires et passages aux temps périscolaires, l'accueil des nouveaux ou jeunes enseignants et des enseignants-stagiaires nécessitant un rôle important de soutien et de conseil, ou encore d'assurer la sécurité de tous. Il en déduit que dans 16 000 écoles, à savoir celles qui ont moins de trois classes, la directrice ou le directeur d'école doit donc exercer deux métiers à temps plein. Il ajoute que, s'agissant des écoles à fort effectif, les directrices et directeurs d'écoles peuvent, certes, miser sur une décharge totale de leur temps d'enseignement, mais doivent assurer seul la gestion de leur école. Il précise que certaines de ces écoles ont un nombre similaire voire plus important que certains collèges qui, eux, sont pourvus d'un personnel administratif étoffé et compétent chargé du secrétariat ou de la surveillance. Il indique que la création d'un statut, connu et reconnu, pour les directeurs d'écoles permettrait de dresser, lister, et préciser les différentes tâches qui leur incombent afin d'éviter la répétition des maux exposés précédemment."

Remarquable, n'est-ce pas? Merci M. Houbron.

Mme Muschotti, députée LREM du Var, enfonce un peu plus le couteau: "... Mme Cécile Muschotti interroge M. le ministre de l'éducation nationale sur l'encadrement du statut de directeur d'école et sur la nécessité de leur donner les moyens administratifs et financiers pour effectuer leur mission. En effet, à la faveur de regroupement d'établissements et de l'accroissement de la population dans certains bassins, de nombreux établissements sont aujourd'hui de taille identique à celle de collèges sans avoir les moyens humains ou financiers pour assumer autant d'élèves. S'il est vrai qu'un directeur d'une école « dense » peut bénéficier d'une décharge totale de classe, il ne peut remplacer seul le principal, le principal adjoint, le secrétaire de direction, le conseiller principal d'éducation et les assistants d'éducation dont les missions relèvent pourtant de ses attributions. Pour les établissements moins importants, la décharge est souvent partielle mais la multitude des missions, pour la plupart très chronophages, rend le « jonglage » entre les deux missions difficile. Quand le directeur ne peut exercer son métier pleinement, l'ensemble du monde éducatif en pâtit : les enseignants qui ne se sentent pas assez encadrés ou soutenus, les élèves dont le suivi n'est pas correctement assuré et les parents qui ne sont pas rassurés par la prise en charge de leurs enfants."

Enfin M. Delatte, député LREM de l'Aisne, dans une question publiée ce matin au JO, porte son propos sur les avantages de la création d'un établissement du 1er degré, ce qui met du baume à mon cœur et réconfortera certainement aussi quelques-uns de mes camarades  de travail: "... Le métier de directeur d'école a profondément évolué depuis la réforme de 1990 et les missions qui lui sont dévolues sont très nombreuses et chronophages : gestion des élèves, mais aussi gestion financière, matérielle, pédagogique, et gestion du personnel et de la vie scolaire Avec les fusions, les effectifs croissants des établissements scolaires ont modifié considérablement le rôle du directeur. Aujourd'hui, sa mission est devenue beaucoup plus administrative, centrée sur l'organisation. Il lui est plus difficile d'animer l'équipe au plan pédagogique. C'est pourquoi dégager du temps administratif en faveur du temps pédagogique et donc de faire évoluer le statut des directeurs d'école est une demande récurrente du corps enseignant. Un chef d'établissement du premier degré pourrait ainsi se voir attribuer des délégations nécessaires au bon fonctionnement de son établissement..."

Nous ne devons donc pas désespérer, et la mobilisation de nos députés par les Directrices et Directeurs d'école porte ses fruits quant à la prise de conscience d'un problème qu'il devient urgent de régler. On ne le fera pas avec des mesurettes. J'attends donc avec impatience les réponses cette fois renseignées que M. Blanquer apportera à ces questions pertinentes. Je lui rappellerai également que le GDiD,  porteur d'un projet construit, se tient à son entière disposition pour lui exposer ses idées ou simplement l'assister pour éviter erreurs et approximations.

En attendant, merci à nos députés, merci aux collègues, nous devons continuer à mobiliser nos représentants!

dimanche 18 février 2018

Créez votre compte ENSAP !

Pour une fois je ne délivrerai pas un billet revendicatif, mais un billet informatif. Si le GDiD peut vous aider, tant mieux. Et puis, nous sommes parfois mal servis par certains de nos syndicats qui préfèrent brailler contre tout et n'importe quoi... j'écris ça je n'écris rien.

Parmi les horreurs qui incombent aux Directrices et Directeurs d'école de ce pays, il en est une qui nous gêne tous profondément, et qui est ahurissante, c'est celle de délivrer à nos adjoints leur bulletin de paye. Vous connaissez, bien sûr, le désagrément comme le temps perdu à plier ça en deux ou trois, à éventuellement les mettre sous enveloppe, à les remettre en main propre. Bref, une absurdité qui montre à quel point notre administration est lamentable dans la gestion de ses personnels. Inutile d'ajouter, je le crains, que nous recevons tout ça avec au mieux trois mois de retard... Minable. Et puis alors se promener avec tout ça... Je ne sais pas pourquoi, je me sens toujours honteux quand je le fais.

Dans quelques mois tout ça sera fini. Combien de mois? Aaaah là vous m'en demandez trop, je ne sais pas si le Ministère le sait lui-même (j'en doute assez fort, en fait). Toujours est-il que les bulletins de traitement dématérialisés seront disponibles sur le site de l'ENSAP, ce qui est une excellente chose. Il faudra donc que chaque enseignant crée son compte sur le site pour y avoir accès. Fin de la tâche inconvenante pour les Directrices et Directeurs, merci.

Vous pouvez créer dès aujourd'hui votre compte sur le site de l'ENSAP. Pourquoi? D'abord parce que ce sera fait, et comme vous êtes en vacances ou vous allez l'être c'est peut-être le bon moment. Ensuite parce que pour l'instant, le site vous permet tout de même une simulation de votre retraite, avec les derniers éléments connus, et ce sont les plus récents! Autant dire que la simulation est effective et correspond à la réalité. Moi qui en suis proche - et le premier qui fait une remarque sarcastique et déplacée, je le mords! -, j'ai apprécié ce matin d'avoir le choix entre une simulation dynamique et un tableau clair de ce qui m'attend, depuis la première date à laquelle il m'est possible de foutre la camp soit à 57 ans parce que j'ai fait l'école normale et que j'ai été instit plus de dix-huit ans. Tiens, comme je suis sympa, je vous livre le tableau tel quel, sans rien en cacher parce que je n'ai rien à cacher, et qu'en plus je me fous comme de ma première culotte que vous sachiez de moi où j'e suis administrativement et financièrement parlant: il y en aura toujours qui gagnent plus que moi et d'autres moins, alors...



Évidemment hélas plus je continue malgré l'état déplorable du bonhomme meilleure sera ma pension, avec cette décote épouvantable, mais la question n'est pas là... En fait j'ai rarement vu sur un site qui nous est destiné un truc aussi bien fait! Bref, comme de toute manière il vous faudra créer votre compte tôt ou tard, faites-le donc maintenant ! Si vous avez eu une carrière compliquée, évidemment, tout ça est à vérifier, je ne suis pas sûr que ce qui est hors fonction publique soit pris en compte. Même chose, si vous avez récemment changé d'échelon ou de grade, attendez un peu (de la patience, que diable!). Mais de toute manière, c'est sur ce site que vous aurez accès à vos bulletins de salaire. Et peut-être serait-il intéressant pour vos adjoints de les mettre au courant... Un lien sur ce billet? J'écris ça je n'écris rien (j'ai l'impression d'avoir déjà mis ça plus haut).

De la même manière vous devriez penser à créer votre "compte activité" pour connaître votre capital-formation disponible. Le compte personnel de formation (CPF), alimenté en heures, est utilisable tout au long de sa vie active pour suivre une formation qualifiante (je ne sais pas, moi, le jour par exemple où dégoûté par votre chef de service, IEN ou principal de collège bientôt, vous voudrez mettre les voiles). Le CPF est alimenté automatiquement à la fin de chaque année proportionnellement au temps de travail réalisé au cours de l'année par le salarié dans la limite d'un plafond. Les heures restent acquises même en cas de changement d'employeur ou de perte d'emploi. Pour l'instant il sera donc à zéro. Ben ouais. Vu le niveau de formation que nous propose notre Ministère, je suis intrigué et intéressé par ce truc.

Si vous êtes Directrice ou Directeur d'école, vous touchez une prime - dérisoire, oui je suis bien placé pour le savoir -. D'autres fonctions de l'EN sont concernées. Il serait pour vous opportun de créer également votre compte RAFP pour savoir à quoi vos primes vous donneront droit en plus de votre retraite. Le Régime de Retraite additionnelle de la Fonction publique (RAFP) est un régime obligatoire, par points, institué au bénéfice des fonctionnaires. Ce Régime permet le versement en plus de la pension principale d’une prestation additionnelle de retraite prenant en compte les primes et rémunérations accessoires versées aux fonctionnaires au cours de leur période d’activité. La dirlette et le dirlo sont totalement concernés. J'aimerais mieux que cette prime soit intégralement incluse dans le décompte pour ma pension de retraite, mais mieux vaut peu que rien du tout. Quand est-ce que les Directrices et Directeurs d'école recevront un vrai traitement adapté à la difficulté de leur métier? Quand les poules... tiens, je me rends compte qu'il y a quelques millions d'années elles en avaient.

Allez, bonnes inscriptions diverses et variées. Et veillez bien à vous-mêmes, hein, parfois il y a en a marre de veiller aux autres en s'oubliant.

jeudi 15 février 2018

Il ne faut pas qu'il y ait maldonne...

Beaucoup d'enseignants, échaudés par les récentes déclarations de notre ministre, s'intéressent actuellement de près au GDiD. La crainte de voir les écoles sous la tutelle des collèges parait rassembler au point d'accepter, pourquoi pas, ce fameux statut spécifique des Directrices et Directeurs d'école pour lequel l'association milite depuis près de deux décennies. Après pourtant avoir été vilipendée par tous... ou presque! Les "anciens" me comprendront.

C'est tant mieux, bien sûr. Mais il ne faudrait pas qu'il y ait maldonne. Le statut spécifique, nous l'avons obtenu de facto de haute lutte en décembre 2014, avec la parution du "référentiel-métier" qui distingue clairement le métier de Directeur d'école de celui d'enseignant. Notre problème est que nous n'avons rien obtenu de ce qui devrait l'accompagner: ni la reconnaissance institutionnelle avec un corps spécifique distinct de celui de Directeur d'établissement du secondaire, dont nous ne voulons pas car nous revendiquons absolument que l'accès à la fonction soit réservée aux enseignants du primaire, ni les moyens de notre action en personnel d'accompagnement, en rémunération... Notre situation sur le terrain n'a pas changé, et la plupart d'entre nous continuons à exercer deux métiers en parallèle, ce qui est le comble de l'absurdité.

Ce statut de chef d'établissement du primaire, nous ne l'obtiendrons jamais. Du moins dans les circonstances présentes. Après des années de réflexion, le GDiD a fini par admettre qu'il était impossible de créer un corps spécifique pour 46000 Directrices et Directeurs dont les conditions d'exercice sont si dissemblables. Quel rapport entre mon travail dans ma petite école maternelle favorisée de trois classes et celui de mon collègue de la commune voisine avec une grosse école élémentaire en ZEP? Si le fond est le même, je suis totalement conscient que la forme diffère trop pour que nous puissions réellement être mis sur le même plan. D'autre part, nous sommes si nombreux! Alors qu'il n'existe que 5200 collèges et 2600 lycées... Soyons logiques.

C'est pourquoi le GDiD s'est tourné vers ce que nous considérons comme la seule solution viable pour que les Directrices et Directeurs d'école puissent exercer sereinement leur mission: le regroupement d'écoles en Établissements du Premier Degré. Certains écoles primaires (donc avec maternelle et élémentaire) présentent déjà les caractéristiques essentielles au fonctionnement d'un établissement de ce type, sauf... les avantages que représenterait une équipe d'accompagnement (secrétariat, conseiller d'éducation, surveillants...) ni ceux afférents à ce statut spécifique que nous souhaitons, en particulier le salaire.

Voilà donc aujourd'hui ce que le GDiD réclame: l'établissement du premier degré, qui apportera dans son essence ce qu'il nous faut pour travailler. Pour nous l'école de Jules Ferry fait partie d'un glorieux passé qu'il nous faut dépasser tant les enjeux ont changé dans l'enseignement que nous devons à nos élèves, et que nous voulons leur apporter. Car personne ne doit se tromper, c'est bien pour nos élèves que nous souhaitons pouvoir travailler correctement, pas pour des questions d'ego ou je ne sais quoi d'autre. Je l'écris d'autant plus sereinement que ma retraite est proche et que je ne connaitrai pas personnellement cette évolution. Mais continuer dans les conditions actuelles, ne réclamer comme le font certains sans vergogne simplement qu'un peu de temps et un statut pour les EVS, sont des cache-misère mortifères. Il ne faut pas se tromper de lutte. Et il faut bien que chacun de ceux qui actuellement s'interrogent sur leur métier de Directrice ou Directeur, mais voudraient que surtout rien ne change pour que tout bouge, comprenne les enjeux, et notre projet.

Vous voilà informés.

samedi 10 février 2018

Direction d'école collégiale : le Grand Soir ne viendra pas !

J'ai bien ri ce matin en parcourant internet à la recherche de coquecigrues sur les Directeurs d'école. C'est le propre d'ailleurs de ce genre de recherche, elle amène avec elle soit une indignation lassée soit souvent une franche hilarité devant l'inanité de ce qu'il est possible de trouver.

C'est l'époque des "circulaires" concernant le "mouvement" ou les temps-partiels ou les conditions de mise en "disponibilité" des professeurs des écoles, passage obligé chaque année pour les Directeurs Académiques qui doivent présenter leurs choix aux partenaires syndicaux. Et comme chaque année nous avons dans les circulaires ces mêmes mots, issus du texte officiel, qui précisent pour les Directeurs d'école que l'octroi d'un temps partiel doit généralement leur être refusé pour la simple raison que "les fonctions de directeur d'école comportent l'exercice de responsabilités qui ne peuvent par nature être partagées".

Salutaire rappel s'il en est. Mais ce qui m'a fait rire est qu'évidemment cette phrase est unanimement reprise par les syndicats dans leurs comptes-rendus, alors même que certains d'entre eux persistent, en dépit de toute logique, à prôner les bienfaits d'une "direction collégiale" qui va à l'encontre du plus simple bon sens. Notons que cette vieille lune a pu - je veux être honnête - fonctionner dans certaines écoles Freinet, jusqu'au jour certainement où la réalité, qui a une fâcheuse tendance à ramener avec joyeuseté son nez morveux dès la moindre anicroche, aura pu remettre les idées en place aux courageux expérimentateurs dont par ailleurs je ne doute pas une seconde de la bonne volonté. Mais la nature a horreur du vide, l'absence d'un responsable reconnu comme tel par tous et chacun est une aberration tant légale qu'existentielle. L'ingénuité de certains, si elle m'amuse voire peut m'émouvoir, me fascine. Il faut être un syndicat dans les limbes pour, comme celui qui porte un nom de point cardinal, affirmer dans ses revendications que "La direction collégiale permet (...) le partage des responsabilités dévolues traditionnellement au seul directeur ou à la seule directrice". J'en frémis. Et je plains celle ou celui qui nommé au poste de Directrice ou Directeur d'une telle école devra se prendre dans les dents les effets des conneries de ses adjoints "collégiaux" mais fatalement moins solidaires face à une réalité sauvage et pleine de dents pointues.

C'était mon amusement du samedi matin...