dimanche 19 janvier 2020

L'autonomie de l'école porte-t-elle un risque ?

Il fut une époque où le GDiD réclamait un "statut" pour les Directrices et Directeurs d'école, simplement, parce que notre position devenait difficile à tenir. C'est un temps révolu, aujourd'hui c'est un changement infiniment plus profond que le GDiD réclame.

Nous avons compris qu'un simple changement de statut ne changerait rien à nos charges et devoirs qui au fil des années ont enflé au point de devenir ingérables. C'est le statut de l'école qu'il est nécessaire de faire évoluer, afin de répondre à ses besoins qui ne sont plus les mêmes qu'il y a seulement trente ans, ou ses attendus que nous percevons mieux. L'école doit prendre son autonomie pour répondre aux nécessités de son territoire dont les élèves sont différents du territoire voisin.

Différencier, voilà une belle idée ! Si on enseigne dans une communauté de communes d'Indre-et-Loire ou dans la métropole lyonnaise, si on dirige une école parisienne ou dans les Yvelines, les pratiques et moyens nécessaires sont certainement différents. Que voulons-nous, tous ? La réussite scolaire de chacun de nos élèves. C'est notre ultime objectif, c'est ce qui motive notre travail, c'est aussi ce pour quoi nous nous nous levons chaque matin et ce pour quoi nous sommes - mal - rémunérés. Toutes les enquêtes montrent que malgré nos difficultés nous persistons à aimer ce que nous faisons avec nos élèves, que nous enseignions ou dirigions une école.

Mais ce qui nous est donné pour travailler ne correspond pas toujours à ce que nous souhaiterions. Il y a des écoles au public difficile, il y a des écoles dont les élèves ont plus de difficultés, il y a des écoles "riches" et des écoles "pauvres", il y a des écoles de taille ahurissante et d'autres minuscules, il y a des écoles aimées par les édiles municipales et d'autres laissées en déshérence voire tyrannisées, il y a ... Où est l'égalité républicaine là-dedans ? Pas étonnant que les résultats de nos élèves soient aussi disparates si on ne tient pas compte de leurs besoins. Alors que chacun d'entre eux à les mêmes droits, droit à recevoir et droit à la réussite  L'équité en prend un sacré coup dans l'aile.

Plusieurs pays ont opéré des tentatives plus ou moins réussies pour rendre les établissements autonomes. De nombreux problèmes sont apparus lorsque n'était proposée qu'une autonomie limitée. C'est une question systémique, changer l'école n'a pas de sens si on ne change pas le système. C'est bien le problème qui se pose aujourd'hui en France dans les EPLE : comment "prendre la liberté d’utiliser de façon raisonnée les ressources et les moyens (parfois réduits) alloués à l’établissement tout en devant faire face à des logiques de responsabilisation et d’évaluation appelant, dans le cadre de la Nouvelle gestion publique, à rendre des comptes à plusieurs instances, en particulier à partir d’indicateurs de performance chiffrés" ? (Claire Ravez)

Alors quelle autonomie pour l'école primaire doit-on espérer ? Comment concilier les besoins de gestion de l'école - sécurité, immobilier, mobilier, matériel... - avec les besoins éducatifs des élèves ? Aujourd'hui la Directrice ou le Directeur fait déjà beaucoup, on peut craindre à juste titre une inflation des responsabilités techniques au détriment des apprentissages. Là, le temps ni l'argent ne font rien à l'affaire, sans étroite collaboration avec les territoires qui en prendraient une bonne partie en charge le risque serait trop grand que l'autonomie se fasse sur le dos des élèves. C'est un problème dont je suis parfaitement conscient, qui réclame une nouvelle et claire définition des objectifs de l'école et des responsabilités du chef d'établissement primaire. "En 2012, Endrizzi et Thibert évoquaient le passage d’un modèle gestionnaire à un modèle de direction au service des apprentissages, confirmant les propos de Gaussel (2007) sur le rôle grandissant de la cheffe ou du chef d’établissement qui lui permet d’impulser une politique pédagogique spécifique et « de faire de son établissement une organisation apprenante »." (Dossier de veille de l’IFÉ, n°118)

C'est une réelle confiance entre la Nation et son école qu'il faut construire, et qui suppose l'abandon par l'Etat d'une certain nombre de prérogatives et d'obsessions auxquelles il s'accroche depuis 150 ans. On peut prendre l'exemple de la Finlande sur de nombreux points : "la Finlande a une approche systémique de la gouvernance des établissements. Dans ce système, les enseignantes et enseignants ont une place privilégiée : elles et ils jouissent d’une considération professionnelle et sont valorisé.e.s du fait de leur contribution à la prospérité économique, à la créativité culturelle et à la justice sociale. Dans cette dynamique de reconnaissance, elles et ils coopèrent « volontiers à la réalisation des objectifs nationaux » et cette attitude est pour eux « une façon de se faire réellement entendre à l’échelon national » (Hargreaves et al., 2009). D’autre part, les programmes, encadrés par l’État, sont déterminés au niveau des écoles et sont rédigés par les équipes enseignantes, au niveau des municipalités, « selon des modalités adaptées aux élèves ». « Le système repose [donc] sur la confiance dans la capacité des enseignants à bien transmettre en conformité avec les orientations données » et sur la responsabilisation de chacun « vis-à-vis de ses propres élèves mais aussi par rapport à l’établissement et à la société dans son ensemble »." (IFÉ, opus cité)

La France conservatrice, jacobine et fortement centralisée devrait donc changer son mode de fonctionnement, et substituer à la pyramide éducative institutionnelle qui brime les velléités d'autonomie (et les équipes éducatives) un nouvel ordre plus horizontal qui offre à des établissements primaires autonomes le choix de ses méthodes et de ses moyens pour parvenir à l'objectif commun de la réussite scolaire de leurs élèves. Les EPLE évidemment devraient aussi profiter de ce cadre rénové.


Le carcan sera difficile à desserrer tant depuis des siècles il comprime les libertés. Quel gouvernement osera démanteler ainsi l'éducation nationale ? Et puis les réticences sur le terrain persistent, cultivées avec démagogie par quelques réfractaires dont l'intérêt réside dans la sujétion des enseignants à des lubies d'un autre temps.

Pourtant l'intérêt de l'autonomie des établissements est celui des enseignants. Qui pourrait imaginer que la réussite des élèves soit celle du seul chef d'établissement, si charismatique pourrait-il être ? Bouvier en 2015 introduit "l’idée d’un management pédagogique de proximité reposant sur une vision stratégique pédagogique collective, mobilisant des valeurs de coopération et d’intelligence collective. Cela suppose une technostructure se défaisant d’une lourde pratique des injonctions et normes, pour favoriser le développement et le partage de compétences ; une évolution du milieu pédagogique qui se caractérise par « une forte présence d’altruisme individuel, une inébranlable solidarité de corps » et une incroyable « autarcie pédagogique collective » en sortant du statu quo." (IFÉ, opus cité) Ce n'est que dans un contexte collectif et d'équipe que l'autonomie d'une école peut fonctionner et porter ses fruits. Faire croire qu'un chef d'établissement du primaire ne pourrait être qu'un agent de coercition est effarant... à condition d'une révolution systémique. Alors "le principal enjeu « pour les chefs d’établissement consiste à devenir capables de faire progresser et de relever le niveau des performances en coopérant avec les autres acteurs de l’établissement et des intervenants extérieurs, en apprenant à leur contact et en influant sur leur comportement » (Hargreaves et al., 2009). On retrouve ici les tenants d’une organisation apprenante dans lesquelles les individus, par leurs comportements, leur culture, leurs attitudes, constituent une communauté apprenante, aboutissant à une plus grande performance et une meilleure gestion du changement. Dans cette organisation, la cheffe ou le chef d’établissement interagit avec les enseignants, les gestionnaires et personnels enseignants qui assurent conjointement les fonctions de direction pour faire émerger des « communautés professionnelles » et renforcer « l’efficacité collective »." (IFÉ, opus cité)

Quelles sont les peurs des enseignants à l'égard d'une autonomie réelle de terrain sous la Direction d'un chef d'établissement du primaire ? Elles sont de trois ordres, et ambivalentes :

  • d'abord la modification des relations entre les enseignants et le chef d'établissement qui aujourd'hui n'est qu'un "enseignant chargé de direction", même si de l'accord de tous ce rôle a fortement évolué. J'ai répondu plus haut à cette crainte qui n'a pas lieu d'être tant l'intérêt de l'un est celui des autres.
  • ensuite l'éventualité d'une perte de sens si le chef d'établissement n'est pas originaire du corps enseignant. Pour le GDiD comme pour moi la nécessité d'avoir enseigné en classe de nombreuses années avant de postuler à un tel poste est une évidence. Comme bâtir un projet d'équipe autrement ? La confiance se construit avec l'expérience du rôle de l'autre.
  • enfin la perte d'un cadrage hiérarchique très peu anxiogène aujourd'hui. Qui voit son IEN en dehors de "conférences pédagogiques" si peu adaptées à nos besoins ? Mais il a aussi ses limites : comment je peux exprimer mon besoin de reconnaissance, mes besoins de formation, mes difficultés... ou mes satisfactions ?
Ambivalentes. Parce que les agents de terrain se réclament d'une autonomie pédagogique qui pourtant les contraint et les étouffe. Aujourd'hui un enseignant est seul face à ses responsabilités et ses difficultés, voire ses déboires. A moins de cas graves de dysfonctionnement d'élèves ou de familles alors signalés à qui de droit, au terme de procédures complexes et souvent en fin de compte inopérantes, un enseignant reste sans moyen pour faire face à ses difficultés : les collègues sont au courant mais ne peuvent rien y faire, la Directrice ou le Directeur n'a que peu de moyens pour intervenir. C'est mon expérience de vingt années de Direction qui parle. Je voudrais aider plus, et mieux, mais que puis-je faire ? Je travaille en équipe alors nous convoquons la famille, nous discutons de façon plus ou moins détendue, cela finit bien... ou mal, voire très mal. Et puis moi j'ai ma classe aussi, je n'ai guère de temps et d'énergie à y consacrer. Tout se ligue contre nous.

On peut alors légitimement imaginer un fonctionnement d'équipe, tel qu'expliqué plus haut, dans lequel chaque cas est envisagé, souligné, exprimé, accompagné. Un enseignant face à une difficulté ne devrait jamais se retrouver seul. Ni une Directrice ou un Directeur d'ailleurs. Comment pourrait-on excuser une seconde que notre malheureuse collègue Christine Renon, que jamais je n'oublierai, ait pu se trouver à ce point isolée dans son malheur ? Mais notre situation présente convient tant à certains qu'ils ne veulent surtout pas en changer.

Si j'exprime ici tout mon désir d'une autonomie réelle des écoles à la condition d'un système éducatif rénové, c'est parce que je crois profondément qu'y réside l'intérêt de nos élèves. Je cite : "Les conclusions de l’OCDE basées sur les évaluations PISA, publiées en 2013 et 2015, indiquent également que « les résultats du Programme international de l’OCDE pour le suivi des acquis des élèves (PISA) suggèrent l’existence d’une corrélation entre, d’une part, l’adoption d’une combinaison intelligente d’autonomie et de responsabilisation, et d’autre part, l’amélioration des résultats scolaires ». Plus précisément, « les établissements disposant d’une plus grande marge de manœuvre quant au programme et à la pédagogie affichent de meilleurs résultats que les autres, ce qui n’est pas le cas de ceux qui disposent de plus de latitude en matière de gestion des ressources »." (IFÉ, opus cité)

Il est en qui imaginent que je cherche "le pouvoir" lorsque je réclame la création d'établissements du primaire. Oui, je le revendique, je réclame le pouvoir de faire plus et mieux pour chacun des élèves de mon école ! Depuis vingt ans que je suis Directeur j'ai principalement veillé à faciliter le travail des enseignants de mon école en les soulageant du mieux que je pouvais, sans jamais oublier l'intérêt des élèves ni celui des familles. C'est souvent facile à concilier tant les intérêts des uns rejoignent ceux des autres, tant un enseignant détendu est plus attentif et efficace, tant une famille confiante sera plus attentive aux besoins de son enfant, tant le bien-être d'un enfant l'autorisera à réussir et s'en réjouir. Mais le labeur est ingrat et compliqué, de plus en plus compliqué et énergivore même si je sais aujourd'hui me concentrer sur l'essentiel.

Un statut... Des établissements du primaire... Mais quel gouvernement, quel ministre osera révolutionner l'école ? Il va falloir du temps, beaucoup de temps, s'armer de patience. Oui nous verrons dans les mois et les années qui viennent quelques petits changements. Je ne suis pas pessimiste, le métier de Directeur d'école va changer, mais à la marge seulement, jusqu'à ce qu'un visionnaire soumette à la France un vrai projet.

Pour une fois la conclusion ne sera pas de moi : "Il s’agit de ne pas oublier que « les politiques doivent s’inscrire dans la durée pour espérer garantir l’équité et l’égalités des chances dans un système éducatif. Dix ou vingt ans ne suffisent pas pour parvenir à pareil résultat » (Sahlberg, 2009), et qu’« il n’y a pas d’autonomie sans responsabilités collectives et sans intelligence collective, et l’intelligence collective est un construit » (Bouvier, 2015)." (IFÉ, opus cité)


samedi 11 janvier 2020

De l'ombre à la lumière...

Je ressens un grand trouble.

Je l'écris et le réécris depuis longtemps, l'école est malade. Inefficace, inéquitable, elle a perdu tout son sens. S'il nous faut continuer à donner des coups d'épée dans l'eau, à quoi bon ? Lorsque j'ai débuté il y a fort longtemps nous avions envie d'accompagner nos élèves, nous étions convaincus du bien-fondé de notre travail. Envie et conviction, tout tient dans ces deux mots. Aujourd'hui chacun d'entre nous s'évertue à vouloir y croire encore, alors que déprimés ce n'est plus qu'un effondrement général du système que nous constatons.

Le sondage auquel s'est adonné le ministère auprès des Directrices et Directeurs d'école est symptomatique du fonctionnement général de l'école aujourd'hui : brouillon, dispersé, factuel, privilégiant la forme au détriment du fond. Il devait servir de miroir à notre profession, mais l'image a été "photoshoppée", si déformée qu'elle en devient ridicule. Les syndicats d'ailleurs lisent cet indigeste salmigondis chacun à leur façon, on y trouve à manger et à boire.

J'ai déjà exprimé à quel point la forme de ce sondage était idiote : destiné aux Directrices et Directeurs d'école, n'importe qui pouvait y répondre. Et puis ces questions fermées ! "Lorsque vous êtes en classe, vous êtes souvent interrompu pour répondre à une sollicitation liée à votre fonction de direction." Sans blague ? "Vous auriez prioritairement besoin d’appui pour… ?" Sans rire ? Ah oui je vais vous mettre un emploi-civique alors je veux savoir à quoi il va servir. Et encore "Dans votre fonction de direction, estimez-vous que votre autorité est reconnue par… ?" sans que soient proposés dans les choix possibles le ministère et surtout... les familles ! Et aussi "En tant que directeur / directrice d’école, vous souhaiteriez… ?" sans que soit proposée l'option "Devenir chef d'établissement" ou "Obtenir un statut de Directeur d'école". Dommage, la réponse aurait été intéressante.

Les questions ouvertes n'étaient pas meilleures. De plus le choix de n'extraire au pifomètre que 3001 réponses sur les 29000 enregistrées - qui n'étaient certainement pas toutes de Directeurs - montre une grande légèreté. Néanmoins ce fatras de propos donne quelques pistes intéressantes qui montre que malgré tout Directrices et Directeurs ne se laissent pas duper par les discours syndicaux extrêmes, qui voudraient que nous soyons "des enseignants comme les autres", exaltent l'illégale et hilarante "direction collégiale" ou les "républiques scolaires" (on m'a sorti ça sur Facebook, j'en rigole encore). Pour ces gens-là nous avons besoin de temps - certes, j'en conviens - et d'une "aide" quelconque (qui aurait elle un statut, bien entendu), et puis barka ! C'est si simple.

Soigne-t-on une maladie en n'en traitant que les symptômes ?

Nous qui sommes sur le terrain savons que le traitement doit être global. C'est un ensemble de mesures qui est nécessaire, et pour les "grosses" écoles elles sont si complémentaires que seule la création d'un statut de chef d'établissement du primaire permettre de les mettre en place. Ainsi dans les "pistes d’amélioration possibles" seuls 27% des répondants évoquent la simplification des tâches : et pan dans les dents du ministère, car au-delà des choses absurdes - que nous avions listées - nous prenons notre travail au sérieux qu'un statut spécifique nous permettrait d'accomplir dans la sérénité.

Seuls 2% des répondants veulent "le retour des EVS". Comme quoi les regrets exprimés sur les réseaux sociaux ne font pas recette.

Nous sommes 11% à exprimer que nous voulons un statut ou devenir chef d'établissement. C'est peu ? Que nenni ! Car ce chiffre apparaît dans "les tâches à simplifier"... ce qui n'a guère de rapport et montre plutôt la conviction de 11% des Directrices et Directeurs que seule la création d'un statut peut redéfinir notre métier.

La question "En tant que directeur / directrice d’école, souhaiteriez-vous être associé à l’évaluation des professeurs de votre école … ?" a également été posée. La réponse est intéressante car elle montre que cette évaluation des enseignants, chiffon rouge constamment agité par les syndicats extrémistes, n'est en aucun cas la priorité des Directrices et Directeurs d'école. Vous savez que ce n'est pas non plus celle du GDiD : nous estimons que l'évaluation des enseignants est une tâche spécifique, devenue rare hélas car elle limite les possibilités d'évolution dans nos métiers, qui réclame des compétences particulières et n'a de sens que si elle peut s'accompagner de formations adaptées aux besoins. Nous pensons que les IEN devraient pouvoir se recentrer sur cette mission primordiale et avoir le temps et les moyens de mieux l'accomplir. Mais néanmoins 25% des répondants sont d'ores et déjà prêts à accomplir cette tâche si elle nous est dévolue, ce qui est énorme, pour 74% contre - j'en fais partie mais ne porte aucun jugement -. On peut faire partie de la chaîne hiérarchique sans pour autant avoir la charge d'en évaluer les agents (et de toute manière mes IEN successifs m'ont toujours demandé mon avis lorsqu'ils venaient inspecter un enseignant de mon école). Bref... ce chiffon rouge est bien en loques.

Autre question ouverte, "Avez-vous d’autres éléments relatifs à vos missions de direction sur lesquels vous souhaitez vous exprimer ?" Il s'agit bien de s'exprimer sur notre travail actuel, pas sur nos souhaits, et spontanément 24% évoquent une "revalorisation du statut". Il ne faut pas se tromper là non plus, c'est un très gros chiffre, surtout que plus haut seul 1% exprime qu'il n'est "Pas besoin de lien de supériorité, de lien hiérarchique sur les enseignants".



Néanmoins donc je suis troublé. Pas par les réponses, ni par le sondage lui-même dont il va être bien difficile de tirer quelque leçon que ce soit pour le ministère. Les syndicats vont continuer sur leur lancée, même s'il va être plus difficile pour nos ennemis de faire croire que "les Directeurs d'école" ne veulent pas d'un changement de statut. Je suis troublé parce que je ne vois pas dans ce genre de démarche un quelconque projet pour l'avenir de l'école.

Je le réécris, l'école est malade. Elle est inefficace et inégalitaire, elle devrait résoudre les problèmes mais ne fait aujourd'hui qu'en amplifier beaucoup voire en créer de nouveaux. On peut soigner quelques points douloureux, donner un peu moins de charge de classe, offrir un téléphone ou un ordinateur portable aux Directrices et Directeurs, partager du temps de secrétariat, supprimer ou alléger quelques tâches... Mais l'école restera malade et continuera de traîner ses maux intrinsèques et de maltraiter élèves, Directeurs et enseignants. Où est là-dedans l'autonomie indispensable aujourd'hui des écoles ? Où sont les besoins des territoires ? Où sont les moyens indispensables au changement du système ? Où sont les élèves ?

Je persiste à penser, je persisterai à écrire que l'école primaire française doit changer de paradigme. Qu'en 2020 nous fonctionnions comme il y a 150 ans sans seulement nous poser la question de nos fonctionnements me parait une aberration sans nom. Pourtant les projets alternatifs existent, comme celui de certains syndicats ou celui du GDiD, qui seraient un début de réponse. On ne peut continuer sans cesse à tenter d'éviter les obstacles qui s'accumulent de plus en plus sur notre route, nos enfants, nos petits-enfants ne méritent pas de rester la dernière roue du carrosse, celle qui est la plus faible et parfois se brise. Je veux, je réclame, un projet d'ensemble pour une école du XXIème siècle, pas une école de la confiance qui n'est qu'un mot comme on a pu aussi nous donner ceux de bien-être ou de bienveillance, mais une école efficace et équitable qui ne laisse plus personne au bord du chemin. Je veux que notre procession d'aveugles s'illumine enfin.


mercredi 1 janvier 2020

Une année de promesses ?

L'année 2019 a été difficile. De soubresauts en drames, de déceptions en peines, les Directrices et Directeurs d'école ont vécu des temps compliqués. En ce 1er janvier d'une nouvelle année, nous ne pouvons pas oublier le sacrifice de notre collègue Christine Renon.

2020 sera-t-elle une année pleine de promesses ? Nous l'espérons, les premières annonces que notre ministre fera le 7 janvier prochain seront une première étape. Au GDiD, nous sommes convaincus que tôt ou tard notre projet verra le jour tant il est est valide et logique. C'est, nous le pensons, le sens de l'histoire de notre système éducatif. L'école primaire mérite mieux, nos élèves méritent mieux, nous méritons mieux que la déliquescence que nous subissons.

C'est pourquoi aujourd'hui nous faisons des vœux particuliers, pour que 2020 soit une année particulière qui verra les débuts de la reconnaissance pleine et entière de notre métier.

Nous vous souhaitons donc une


samedi 21 décembre 2019

L'école, une vieille dame malade et fatiguée...

Les actuels soubresauts des enseignants face aux maladresses gouvernementales sont symptomatiques d'une maladie plus grave. Soyons clairs d'emblée : si des inquiétudes profondes se font jour c'est bien parce que le système éducatif français est vieux, malade et fatigué.

Vieillesse

Notre Education nationale est une vieille dame, elle a 150 ans et elle est percluse de rhumatisme. Si de nombreuses "réformes" ont émaillé son histoire, personne n'a jamais changé le fond de son fonctionnement soit un système centralisé à l'extrême dans lequel la prétendue "autonomie pédagogique" des enseignants est au mieux une illusion, au pire une fumisterie. Ce qui fut nécessaire pour la créer sur tout le territoire nationale au XIXème siècle est devenu au fil des décennies une masse importable de scléroses. L'organisation est nationale et extrêmement centralisée, les professeurs sont des fonctionnaires d'Etat avec une hiérarchie pyramidale pléthorique dont très rapidement on perçoit en grimpant les degrés la totale incompétence dans le domaine de l'éducation, personne n'a voix au chapitre sinon des hauts fonctionnaires qui ne connaissent rien aux besoins des élèves. des écoles, des enseignants ou des territoires. Certes donner un cadre uniforme à l'école fut nécessaire dans une France rurale et dispersée qu'on ne pouvait parcourir qu'avec quelques difficultés...

"Là-bas 30 sabots allaient me saluer par décharge d'artillerie." Léonce Bourliaguet fut Instituteur puis directeur d'école, et en 1929 devint le plus jeune inspecteur de France. Il écrivit un petit livre qui enchanta mon enfance, "Ce beau temps-là", roman emprunt de nostalgie qui raconte dans quelques chapitres ce qu'était l'école française dans les années d'entre deux-guerres, quand un inspecteur se déplaçait en train à vapeur pour l'inspection annuelle de ses écoles.


C'est beau, mais c'est fini. Depuis longtemps. La communication est facile, le transport efficace et rapide, la société et la population ont changé comme leurs besoins. Une centralisation si excessive du système, une main-mise aussi violente et déterminée sur les moyens, les techniques et les objectifs d'enseignement, ne sont plus de mise aujourd'hui. Pire, le système est devenu pervers qui entraîne des effets inverses à ceux recherchés, et fait de l'école française aujourd'hui la moins égalitaire de tous les pays développés, un comble dans un pays qui se réclame de ses propres "lumières" !

Maladie

L'école est d'abord malade aujourd'hui de ses propres infirmités structurelles. Mais que de mauvais traitements elle subit ! Chaque gouvernement, chaque ministre, tente de lui administrer des médicaments pourtant déjà testés et qui n'ont jamais fonctionné. On seringue, on ampute, on opère, sans discernement ni surtout demander l'avis de la malade. Un aréopage de hauts fonctionnaires convaincus de leur propre compétence lui fait subir lavements et régimes draconiens et s'en auto-satisfait avant de disparaître.

Les territoires évidemment ne sont jamais consultés. Les conseilleurs ne sont jamais les payeurs, et personne ne se préoccupe de savoir si la commune a seulement les moyens des ambitions de l'école. Pourtant elle connait bien sa population, savoir qu'elle partage avec le Directeur et les enseignants, mais personne ne lui demande si telle mesure lui est adaptée ou si d'autres nécessités ne seraient pas prioritaires. Certes non, la pyramide institutionnelle de l'Education reste "nationale", et qui aurait l'outrecuidance de la solliciter ? Car la malade et son entourage immédiat ne sont pas sensés y comprendre grand chose, contrairement au ministère qui la soigne : "Vous êtes un penseur, vous, docteur Knock, et les matérialistes auront beau soutenir le contraire, la pensée mène le monde."


Peut-on continuer à penser, comme certainement quelques syndicats sclérosés complices de ce système si centralisé, que les attendus actuels de l'école sont pertinents ? Peut-on continuer à penser que les méthodes d'enseignement sont efficaces ? Peut-on continuer à penser que les besoins sont uniformes ? J'ai déjà cité à plusieurs reprises un récent rapport du Sénat qui n'exprime pas autre chose, dénonçant une fuite des classes moyennes vers les métropoles par défaut d'une école digne et correctement équipée. Mais l'Etat depuis plusieurs décennies méprise les territoires et néglige ses revendications qui ne peuvent pas être similaires d'un lieu à l'autre : telle commune va réclamer à cor et à cri de maintenir son école certes isolée mais bien équipée et fréquentée avec bonheur par des élèves performants et des familles heureuses d'une telle opportunité, une autre au contraire va chercher à regrouper synergies et moyens dans un pôle éducatif local qui offrira une meilleure structure équipée au mieux, au grand bénéfice des élèves encore une fois. Les besoins exprimés sont différents, les solutions sont locales, les territoires ont le droit de choisir la façon dont ils veulent être traités, avec des Directeurs et des enseignants autonomes dans leurs choix d'équipe impliqués dans des projets éducatifs spécifiques adaptés aux nécessités locales. Contrairement à ce que serinent encore une fois quelques syndicats aveugles, il ne peut pas y avoir d'équité dans l'uniformité.

Fatigue

L'école est fatiguée. Si fatiguée qu'elle n'a plus vraiment la force de se révolter. Elle persiste à vouloir faire son travail du mieux qu'elle peut, mais elle peut peu hélas désormais. On a beau jeu de déplorer ses résultats médiocres lorsqu'on ne lui donne pas les moyens de son action.

Depuis 1996 la dépense intérieure d’éducation rapportée à la richesse de notre pays (PIB) a chuté de 7,7 % à 6,7 %. C'est épouvantable, et c'est le fruit de 25 années de mépris. Plus de deux décennies à se faire agonir d'insultes, à être traité de "feignants", de "nantis" et de profiteurs toujours en vacances. En se gardant bien évidemment de rappeler que les dépenses d'éducation sont des dépenses d'investissement à long terme, car la richesse d'une nation c'est son travail, et aujourd'hui seule quasiment son éducation peut apporter à une femme ou à un homme les armes intellectuelles nécessaires à sa survie dans un monde devenu sélectif et cruel.


Les raisons de cette campagne d'intoxication me restent obscures. Mais le prix que la communauté nationale paye aujourd'hui est très lourd. Si l’on consacrait la même part de PIB à l’éducation qu’en 1996, notre système d’enseignement disposerait de 23 milliards d’euros de plus. Largement de quoi mieux rémunérer les enseignants et résoudre la grave question des retraites, comme investir dans les écoles qui en ont besoin les subsides qui leur sont nécessaires.

Car la paupérisation des enseignants - particulièrement en primaire - n'est pas une image, comme n'est pas non plus celle de l'école malgré les constants efforts budgétaires des communes quand elles le peuvent. Débuter avec un maigre traitement après cinq années d'étude et souvent après avoir travaillé ailleurs n'est pas motivant. Comme n'est pas motivant non plus le fait de ne plus avoir de perspectives de carrière avec l'instauration de quelques malheureux "rendez-vous de carrière", ou l'absence frappante de tout ce qui est pourtant la norme dans le monde du travail : formation continue, médecine du travail, comité d'entreprise... Quand on y réfléchit un peu, c'est ahurissant ! Mais voilà bien le fruit d'un stupéfiant abandon. Au bénéfice de qui ? Au bénéfice de quoi ?


On ne peut plus désormais continuer à faire des économies sur notre système éducatif. Mais cela signifie aussi qu'il est temps que notre vieille dame prenne sa retraite. Une petite jeune doit la remplacer, bourrée de force, d'énergie et de volonté. Quelques cosmétiques ne suffiront pas, l'école doit être changée - totalement - dans les années qui viennent, et c'est aujourd'hui qu'il faut commencer. Il faut se poser la question de ses attendus : que veut-on que soit et que fasse l'école dans la décennie 2020, et pourquoi ? Il faut se poser la question de ses moyens : quels seront dans la décennie qui vient les besoins budgétaires de l'école, auprès de qui les trouver - Etat, communes, régions... - et comment les répartir avec équité ? Il faut se poser la question de sa gouvernance, dont la centralisation excessive et perverse va à l'encontre de l'égalité territoriale et de l'efficacité de son action. Il faut se poser la question de son autonomie locale, de son fonctionnement au mieux des besoins des élèves et donc de leur réussite. Quelle doit-être cette réussite des élèves, comment la quantifier, avec quels outils nationaux (car les examens et concours eux le sont) ? Qui seront les enseignants des décennies à venir ? Comment piloter leur action sans forcément la contraindre ni gêner les projets locaux ? Quel y sera le rôle du Directeur d'école éventuellement devenu chef d'établissement ? Quel sera le rôle de l'Inspecteur ? Comment finalement résoudre dès maintenant la grave question des maux d'un vieux système malade et fatigué ?

Je vous laisse cogiter là-dessus entre deux chocolats - soyez raisonnables ! - et deux bouteilles de champagne. Je vous souhaite, en mon nom comme en celui du GDiD, de joyeuses fêtes de Noël et de fin d'année.


dimanche 15 décembre 2019

Grosse fatigue...

En ce moment, ma vie, c'est ça :


Je pense bien entendu que la vôtre n'est pas meilleure. Il faut dire que nous relevons tout de même d'une période compliquée qui est peut-être la plus prégnante dans une année scolaire. Nous avons résisté à la préparation de l'école fin août, la rentrée, les élections, les premiers livrets, Noël... Nous pouvons nous féliciter d'avoir à peu près tenu le coup. Tant bien que mal.

Et puis que d'émotions depuis septembre. Le geste définitif de Christine Renon nous a choqués et abattus. Portera-t-il des fruits quant à la reconnaissance de nos difficultés ? Je ne peux m'empêcher de penser qu'ils auront un goût amer.

Il n'est pas forcément utile non plus de se faire des illusions quant à notre avenir immédiat. Les syndicats sont conviés ce lundi à des rencontres avec le ministère mais il est à craindre que les revendications sur la réforme du système des retraites prennent le pas sur les problèmes des Directeurs d'école. Aucun d'entre nous je pense n'a apprécié la façon dont le questionnaire dont nous étions l'objet a été mis en ligne. Si quelque allègement de nos charges en sort, tant mieux, mais cela ne changera rien au fond de la question.

Alors on attend... encore.


Il faut savoir être patient dans notre métier, même si c'est déprimant parfois. Et puis je ne peux pas décemment reprocher à qui que ce soit son inquiétude quant à l'avenir de sa retraite. Que nous soyons enseignant ou Directeur, ou les deux en même temps, nos fonctions sont complexes et fatigantes, et la perspective de devoir encore allonger une carrière déjà usante n'est réjouissante pour personne.

Pour autant aucun d'entre nous ne doit abandonner l'idée que nous arriverons, et désormais dans je crois peu de temps, à ce que l'école obtienne un nouveau statut, ses Directrices et Directeurs avec. C'est le sens de l' Histoire. Nous ne pouvons plus rester dans ce statu quo mortifère qui nie toute évolution de notre communauté nationale. Rien ne peut rester tel quel parce que rien n'est intangible. Notre société n'est plus celle du XIXème siècle, ses besoins non plus, ses enfants non plus. Il faudrait que son école ne bouge pas ? C'est absurde, nous savons tous que malgré nos réels et constants efforts elle est aujourd'hui la plus inéquitable qui soit, et des moins performantes. Nous devons continuer, insister, persister, nos élèves méritent mieux que ce que nous leur donnons.

Alors le statut d'emploi fonctionnel des Directrices et Directeurs d'école est au bout du couloir. Il se rapproche, je le sens et le renifle. Nous n'en sommes pas encore à...


... mais nous en approchons à grands pas ! Pour l'instant c'est plutôt ça, il faut bien l'avouer :


Dans "Le Lion et le Rat" Jean de la Fontaine nous dit que "Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage." Inutile de crier, inutile de gémir, se lamenter est une perte de temps et d'énergie. C'est en continuant à convaincre, avec nos alliés, c'est en insistant sur la pertinence de nos projets que le GDiD et vous nous arriverons ensemble à enfin changer notre fonction de Directrice et Directeur d'école, avec toujours comme objectif ultime la réussite de nos élèves. Nous sommes là depuis vingt ans, nous resterons là jusqu'à ce que notre but commun soit atteint.

mercredi 4 décembre 2019

On recherche une Directrice...

Depuis le geste tragique de Christine Renon les médias s'intéressent à notre fonction de Direction. Mais souvent le traitement qui lui est destiné est lapidaire, car il faut faire court et dans l'urgence.

Le GDiD a reçu une demande de la société de production Nilaya, qui développe actuellement avec le réalisateur Stéphan Moszkowicz un projet documentaire de 52 minutes pour France Télévisions sur le métier de Directeur d’école :

" [...] Au cours de mes recherches, j’ai pu lire sur votre blog plusieurs témoignages forts et touchants, raison pour laquelle je m’adresse à vous aujourd’hui. Nous recherchons une directrice d’école primaire, exerçant son métier dans un département proche de l’Ile-de-France (Oise, Somme, Nord, Aisne, Marne, Loiret, Eure, Yonne…) et qui accepterait de participer à notre projet. [...] "

Je pense qu'il s'agit d'une occasion rare de montrer la réalité de notre métier à double-casquette. Pour moi l'idéal serait bien entendu qu'une Directrice avec charge de classe, membre du GDiD, accepte de se porter candidate. Je suis conscient évidemment de la charge que cela implique, entre les demandes officielles à effectuer (familles, institution, enseignants...) et la réalité du tournage, même si ces gens-là savent se faire discrets :

" [...] Nous souhaitons tourner dans une seule école, en région, dans une ville pas trop marquée sociologiquement, ni dans un quartier bourgeois, ni dans un quartier dévalorisé de banlieue, dans un souci de représentativité à l’échelle de la France dans son ensemble.

La directrice, « personnage » principal du film, sera énergique, enthousiaste, déterminée... mais elle aura également ses fragilités, ses doutes et ses questions.

L'équipe de tournage sera légère : le réalisateur sera seul, caméra au poing.

La présence d'une caméra dans une école pendant plusieurs mois n'est pas neutre. L'ensemble des protagonistes étant filmés dans une certaine « intimité professionnelle », il sera nécessaire que l'équipe pédagogique soit en majorité favorable au projet. [...]

Si l'accueil est positif, nous pourrons ensuite présenter le projet aux parents et aux élèves. Si le tournage se déroule effectivement dans votre école, sachez que je m'engage à vous présenter le film avant sa diffusion, afin que nous puissions discuter du montage et que vous donniez votre accord final. [...] "



Quelle serait l'orientation du reportage ?

" [...} Depuis le suicide de Christine Renon en septembre 2019, des milliers d’enseignants, de directeurs et directrices, de personnels scolaires et de parents dénoncent partout en France la dégradation des conditions de travail, la solitude, la surcharge administrative propres à ce métier.

Avec ce documentaire pour France 3, je souhaite filmer cette réalité au plus près de ceux qui la vivent, en étant en immersion dans le quotidien d'une directrice d'école durant plusieurs mois. Il ne s’agira ni de réaliser une étude sociologique, ni un état des lieux d’une situation “désespérée” au regard de l’actualité, mais bien de faire ressortir, à travers la subjectivité, l’expérience et l’engagement de cette directrice, des pistes de réflexions visant à améliorer les conditions de travail et le « vivre ensemble » au sein de l’école.

Plusieurs questions seront soulevées tout au long du film : Comment une directrice d’école concilie-t-elle ses multiples casquettes ? Entre satisfactions et déceptions, gratifications et moments de découragement, comment y trouve-t-elle son compte ? Quel impact ce métier a-t-il dans sa vie privée ? Qu'attend-elle de ses collègues, des parents, des élèves, de la hiérarchie ? Et eux, qu'attendent-ils de leur directrice ?

Des thématiques universelles et intemporelles seront abordées, dans lesquelles chacun pourra s'identifier : Quel sens donner à son travail ? Comment hiérarchiser ses priorités ? Comment fédérer une équipe ? Comment l'exigence peut-elle rimer avec bien-être au travail ? Comment trouver l'équilibre entre fermeté et empathie, entre affectivité et distance ? A-t-on l'impression de recevoir autant que l'on donne ? ...

Tourner sur la durée devrait me permettra de capter l'évolution des personnes filmées (directrice, professeurs, parents, élèves...) et de leurs idées. Le film comportera des moments de réflexion et d'analyse avec des interviews en situation, mais il sera principalement constitué de scènes de vie prises sur le vif, dans l’action. Mon but sera de saisir des échanges spontanés et des moments d’intimité où s’exprimeront l’énergie, les tensions, les émotions, les surprises et les victoires vécus par les protagonistes. [...] "

Il serait dommage de rater une telle exposition médiatique. Nous devons montrer au public, à notre institution, à nos syndicats, que notre métier aux si larges responsabilités ne tient plus aujourd'hui qu'à une corde fragile. C'est pourquoi je fais appel à vous ! Si le projet vous intéresse et que vous vous sentez les épaules pour y répondre, contactez-moi rapidement à pascal.oudot@gdid.education et je vous ferai parvenir le dossier complet ainsi que les coordonnées de la personne à contacter. Et merci, mille mercis par avance !


dimanche 1 décembre 2019

Grève ou pas grève ?

Alors... grève ou pas grève ?

C'est la question que se posent beaucoup de Directrices et Directeurs d'école en ce moment, d'autant que le dernier délai pour déclarer son intention approche à grands pas. Certains se demandent ce que les autres Directeurs en pensent, et ce qu'en pense le GDiD.

Le GDiD n'en pense rien et ne se prononcera pas.

Le GDiD n'est pas un syndicat.
Le GDiD n'est pas une école de pensée.
Le GDiD n'est pas une philosophie.

Le GDiD ne veut pas vous prescrire vos opinions. Le GDiD ne veut pas vous dire ce que vous devez faire ou ne pas faire. Le GDiD ne dispose pas de vous.

Comme association professionnelle le GDiD n'a pas à vous dicter votre conduite. Il s'agit de VOTRE décision, que vous prendrez en votre âme et conscience. Que vous fassiez grève ou non ne nous regarde pas. Le GDiD n'existe que dans un seul objectif, celui d'arriver à ce que le métier de Directeur d'école soit bientôt reconnu comme tel, avec un statut d'emploi fonctionnel. Le reste ne nous concerne pas, il ne concerne que vous.

Le GDiD regroupe de nombreux hommes et femmes de sensibilités diverses, d'opinions politiques contraires, de religions différentes... Le sexe, la couleur de peau, l'âge, l'origine, tout cela nous indiffère, c'est notre objectif commun qui nous rassemble et nous regroupe.

Alors, grève ou pas grève ?

C'est à vous de décider. Seule ou seul.