mercredi 7 novembre 2018

Une lecture du "rapport" Fotinos...

Depuis 2004 Georges Fotinos, ancien inspecteur général de l’Education nationale, chargé de mission à la Mutuelle Générale de l’Education Nationale (MGEN), étudie le "moral" des Directrices et Directeurs d'école au travers de nos conditions de travail, la qualité de notre vie professionnelle; et un éventuel "burn-out". Sa dernière enquête est parue en ce début novembre 2018, pour laquelle il s'est adjoint les compétences de José-Mario Horenstein, psychiatre spécialisé. C'est une "étude longitudinale sur 14 ans de l’évolution de composants principaux du moral des directeurs d’école constatée à différents étapes : 2004, 2010, 2013, 2018." avec "l’interrogation de deux panels, l’un de directeurs d’école l’autre d’inspecteurs de l’Éducation nationale de circonscription sur l’état du moral des directeurs et les propositions pour améliorer, si nécessaire, sa qualité."

Autant dire tout de suite qu'il n'y a pas de quoi se réjouir, et que comme nous le percevons sur le terrain tout a empiré.

Cette étude est une somme, mais comme toute enquête sa lecture peut paraître rébarbative. C'est pourquoi je vous en propose une lecture rapide lors de laquelle je vais tenter d'extraire les éléments les plus significatifs. C'est une lecture personnelle, j'ai regroupé certains items, allégé des phrases, je n'évoquerai que peu le très gros travail d'Horenstein sur le "burn-out" certes passionnant mais qui alourdit le propos... Les citations sont exactes mais simplifiées, et je les accompagnerai parfois de mes propres réflexions que je laisserai en noir, le texte de l'étude apparaissant en couleur. Je recommande néanmoins, sinon la lecture totale de l'enquête, au moins celle des annexes du document qui sont extrêmement intéressantes.

D'abord le fond :

En 2018, l’organisation de notre système éducatif public du 1er degré, qui concerne 6,7 millions d’élèves, 347 000 enseignants, 250 000 intervenants, 50 000 contrats aidés, les personnels techniques et administratifs des 35 500 communes affectés aux écoles et 9,2 millions de parents d’élèves, repose de plus en plus sur l’exercice quotidien de 44 800 directeurs (dont 40 000 ayant la responsabilité d’école de 2 classes et plus). Près de 2 directeurs sur 3 sont des femmes et cette répartition apparaît comme très proche de la moyenne nationale avec une (petite) proportion de femmes plus importante. On note que 88 % des directeurs sont chargés de classe (90 % en 2013) ; 20 % bénéficient d’une décharge de quelques jours (absente en 2013) et 12 % d’une décharge totale (10,5 % en 2013).
(...)
Peu d’observateurs ont souligné que ces changements lestés de la contrainte « sécurité » et immergés dans un monde numérique complexe avec une spécificité « Éducation nationale » ont modifié aussi et en profondeur le rôle et les missions du responsable pédagogique, administratif et relationnel de l’école : le directeur. Et pourtant les conséquences sur le terrain sont visibles et tangibles.

Visibles et tangibles effectivement. Les chiffres :
  • 4 directeurs sur 10 considèrent que les relations avec les collectivités territoriales se sont dégradées et près d’un sur 10 qu’elles se sont améliorées.
  • Plus de 6 directeurs sur 10 indiquent que les relations avec les animateurs sont sans changement.
  • Plus de 4 directeurs sur 10 indiquent que la qualité des relations avec les parents s’est dégradée et près de 2 sur 10 qu’elle s’est améliorée.
  • Plus d’1 directeur 10 sur indique que les relations avec les représentants des parents d’élèves se sont dégradées et pour près de 3 directeurs sur 10, elles se sont améliorées.
  • 8 directeurs sur 10 considèrent que les parents d’élèves les respectent.
  • 4 directeurs sur 10 indiquent que les parents ne respectent leur autorité sur les enfants.
  • 56 % des directeurs estiment que les différends avec les parents sont en augmentation contre 5 % en diminution.
  • Près de 9 directeurs sur 10 considèrent que les membres de leur équipe sont solidaires.
  • 8 directeurs sur 10 estiment avoir le soutien des collègues en cas de difficulté.
  • 8 directeurs sur 10 considèrent que les conseillers pédagogiques sont à leur écoute.
  • 7 directeurs sur 10 des directeurs indiquent d’une part avoir l’écoute de leur inspecteur et d’autre part de se sentir soutenus par leur hiérarchie.
  • 6 sur 10 considèrent qu’ils ne disposent pas des outils informatiques nécessaires et 8 sur 10 que les possibilités de formation sont peu ou pas du tout satisfaisantes.
  • Plus de 8 directeurs sur 10 considèrent que les décisions concernant l’exercice de leur métier sont « prises d’en haut ».
  • Plus de 5 sur 10 que leur marge d’autonomie et d’initiative est peu ou pas du tout satisfaisante;
  • Plus de 6 sur 10 estiment qu’ils ne peuvent faire entendre leur voix et opinion.
  • Plus d’un directeur sur 2 estime son temps de travail hebdomadaire à 50 h et plus, et plus d’1 sur 10 à 60 h.
  • 91 % des directeurs estiment leur temps de travail hebdomadaire à 45 h et plus.
  • 83 % des directeurs considèrent que leurs conditions de travail se sont dégradées et 2 % améliorées.
  • Plus de 50 % indiquent avoir été insultés au cours de l’année 2017-2018, surtout par des parents (78 %) et des élèves (15 %).
  • 26 % indiquent avoir été harcelés au cours de la même année surtout par des parents (69 %) et par des enseignants (27 %).
  • 24 % considèrent avoir subi une mise à l’écart d’au moins une partie du personnel de l’école.

Le constat ?

L’analyse globale de ces résultats nous amène à constater trois phénomènes lourds de conséquences pour le moral des directeurs, la reconnaissance de leur « leadership » et in fine sur le fonctionnement de l’école :
  • Le premier constamment sous-évalué est l’importance des agressions dont ils sont victimes.
  • Le second quasiment absent de toutes les réflexions et études portant sur les risques psychosociaux -et/ou par la profession- est l’ostracisme que subissent les directeurs au sein même de l’école et son ampleur (1 directeur sur 4).
  • Le troisième est la forte participation des parents comme auteurs de ces violences.
Ces informations révèlent deux faces de l’exercice du métier. D’un côté des éléments très positifs : plus de 8 directeurs sur 10 trouvent du sens et de l’intérêt dans leur travail. D’un autre côté, des éléments a priori inquiétants : 6 directeurs sur 10 ne s’estiment pas reconnus dans leur travail, plus de 4 sur 10 déclarent que les caractéristiques de leur métier ne sont pas motivantes et 3 sur 10 que l’utilisation de leur compétences professionnelles ne les satisfait pas.

Un des éléments reconnus comme pouvant (selon le contexte) fortement déstabiliser l’exercice professionnel par la perte de points de repères et d’injonctions paradoxales est le changement trop fréquent d’organisations et d’objectifs. Face à ce questionnement, plus de 9 directeurs sur 10 sont d’accord pour répondre qu’il y a trop de changements et plus de 8 sur 10 qu’il n’y a pas de continuité dans la politique éducative.

Ces résultats homogènes et très voisins permettent de constater -sur ce champ fortement constitutif du moral professionnel- que les directeurs dans leur très grande majorité ne sont pas satisfaits :
  • de l’évolution du système éducatif (9 sur 10) ;
  • de leurs possibilités de mobilité professionnelles internes (8 sur 10) et externes (9 sur 10) ;
  • de leurs perspectives d’avenir professionnel (8 sur 10).
À remarquer que 88 % des directeurs sont peu ou pas du tout satisfaits de la reconnaissance sociale de leur métier.

Je rappellerai ici que Georges Fotinos a retenu pour son enquête 7365 réponses, portant sur 105 items. Les proportions sont donc inquiétantes lorsqu'on lit qu'un tiers des Directrices et Directeurs d'école a déjà été remis en cause dans sa propre école. Qu'on ne vienne pas me raconter qu'un quart des Directeurs sont des dictateurs !  Dois-je également m'appesantir sur les 83 % qui estiment que leurs conditions de travail se sont dégradées, et les 88 % qui ne s'estiment pas reconnus socialement ? Nous sommes entre nous, je ne crois pas utile d'en rajouter.

Je simplifie ici les longs chapitres sur le "burn-out" des Directrices et Directeurs d'école en n'en citant qu'un court extrait. Si le sujet vous intéresse vous trouverez largement dans le texte original matière à réflexion.

Les chiffres de fatigue physique chez les IEN et les directeurs d’école sont particulièrement élevés. La lassitude cognitive des directeurs d’école est le double de celle des personnels de direction de collèges et lycées. Pour certains chercheurs qui utilisent des échelles unidimensionnelles comme le SMBM (pas multidimensionnelles comme le Maslach burnout inventory par exemple), il y a burnout quand les résultats sont au-dessus de la moyenne. Si nous appliquons ce critère nous trouvons en burnout : 

  • 59,44 % directeurs d’école ;
  • 46,83 % IEN ;
  • 40,45 % personnel de direction des collèges et lycées. 
39,64 % de directeurs d’école sont en épuisement professionnel et pour 23,44 %, il y a suspicion de gravité cliniquement significative.

Un quart de nos répondants dirigent une école maternelle et c’est chez eux qu’on trouve la plus forte proportion de personnel en épuisement professionnel.

Les jeunes en dessous de 30 ans ont un niveau de burnout plus élevé que leurs aînés. Cette situation ne se retrouve pas chez les directeurs d’école où les différences dans le pourcentage de burnout entre les plages d’âge ne sont pas significatives.

Parmi d’autres caractéristiques qui semblent représenter un risque d’épuisement professionnel nous trouvons :

  • 1/3 de décharge d’enseignement. 41,67 % de ce groupe est en burnout.
  • 1 à 3 classes. 41,11 % de ce groupe est en burnout.
  • C’est dans le groupe 14 classes ou plus qu’il y a le moins de burnout (31,53 %).
  • Supérieur à 20 signalements annuels. 48,28 % de ce groupe est en burnout (mais uniquement 2,15 % de nos répondants sont dans ce groupe). C’est dans le groupe ayant répondu « aucun signalement annuel » qu’on trouve le moins de personnel en burnout (35,40 %).
  • 63 % de nos répondants estiment que leur moral s’est dégradé et 13,38 % qu’il est mauvais. 81,79 % de ce groupe est en épuisement professionnel.
  • 44 % de nos répondants estiment que leur métier n’est pas très motivant. 60 % de ce groupe est en épuisement professionnel.
  • 17 % de nos répondants ne trouvent pas du sens dans le travail réalisé. 74 % de ce groupe est en épuisement professionnel.
  • 8 % de nos répondants ne se sentent pas en sécurité dans leur établissement. 70 % de ce groupe est en épuisement professionnel.

J'avoue que ça fiche la trouille... Mais nous connaissons tous ce mélange de désespérance et de fatigue qui nous touche parfois, cette impression de ne rien faire de bien et de n'arriver à rien. J'arrête là sur ce sujet, l'épuisement est à mon sens un symptôme d'une maladie plus grave qui est celle de l'école.

Comment les choses ont-elle évolué depuis 2004 ? Car un des grands intérêts de cette étude de Georges Fotinos est sa régularité temporelle qui permet de suivre l'évolution de notre fonction depuis quinze ans.

→ La visibilité de la fonction :

  • Alors qu’en 2004, 32 % des directeurs d’école considéraient que les décisions concernant l’exercice de leur métier étaient « prises d’en haut », ils sont 85,5 % en 2018.
  • Alors qu’en 2004, 63 % des directeurs d’école estimaient qu’il y avait trop de réorganisations du système éducatif, ils sont aujourd’hui 90 %.
→ Le sentiment d’accomplissement professionnel :

  • En 2004, 11 % des directeurs d’école avaient le sentiment d’une dégradation de l’adaptation de l’école aux besoins des élèves. En 2018 ils sont 58 %.
  • De même pour la dégradation de la réussite des élèves indiquée par 31 % des directeurs d’école en 2004 et par 50 % en 2018.
Des rapports partenariaux en nette dégradation avec la collectivité locale et les parents d’élèves ainsi qu’un climat d’école (moyen et mauvais) qui double au cours de cette période.

Quatre remarques : l’appréciation majoritairement négative sur les outils informatiques s’amplifie ; l’intérêt du travail diminue ; l’idée d’abandon du travail augmente et l’attrait des actions de formation ne cesse de diminuer.


À noter que les 3 plus fortes évolutions positives concerne le champ du comportement de la hiérarchie vis-à-vis des directeurs (écoute, reconnaissance, soutien) et ceci dans des proportions importantes (du double au tiers).

À noter en priorité la diminution significative du pourcentage de directeur qui considère qu’en cas de difficulté, ils ne peuvent s’adresser à personne. On remarque que l’information « suffisante » sur les objectifs de l’école progresse ainsi que la connaissance de l’école par les services académiques.

La perception des Directrices et Directeurs d'école semble donc marquer aujourd'hui une évolution positive de leurs rapports avec leur hiérarchie immédiate. C'est ce que j'ai constaté moi-même, mais cela n'exclut pas hélas la présence encore plus visible d' IENs imbus de leur personne ou en quête de pouvoir absolu. Certains d'entre nous ont eu à en souffrir encore récemment.

Alors comment les Directeurs d'école perçoivent-ils aujourd'hui leur avenir ? Ou plutôt que désirent-ils ? Les annexes de l'étude sont frappantes puisque Fotinos laissait en fin d'enquête la parole libre à ses participants, autorisant une expression sans contrainte quant à l'avenir de la fonction. Les interventions sont trop nombreuses et trop longues pour être citées ici, je vous suggère donc une fois encore de les lire dans le document original. Néanmoins Geoges Fotinos en a fait un résumé qui me réjouit le cœur dans le sens où la majorité d'entre nous - plus de 84 % - recherche une reconnaissance officielle sous la forme d'une nouvelle "structuration administrative", ce qui conforte le GDiD et le récompense de ses longues années de travail. Travail qui n'est pas terminé bien entendu puisqu'avant la "réflexion" marquée à l'agenda social du ministre nous devons continuer à convaincre collègues et syndicats. Mais ça fait du bien.

D'abord comment les Directrices et Directeurs d'école pensent leur métier :

  • En tête et sans partage, l’organisation pédagogique apparaît comme la mission la plus importante : plus de 4 directeurs sur 10 placent cette mission en 1ère position suivie des relations avec les parents et les réunions internes (3 directeurs sur 10).
  • En second, se placent les relations avec les parents. Près de 35 % des directeurs placent cette activité en position 1 ; 28 % en position 2 ; et plus de 19 % en position 3. C’est le domaine des missions qui est le plus indiqué.
  • Soulignons que près d’un directeur sur 2 ne considère pas les relations avec la mairie comme faisant partie de ses missions.
  • À noter enfin que ce sont la gestion des personnels, les règlements des conflits entre élèves et les réunions hors de l’établissement et/ou institutionnelles qui sont majoritairement considérés (6 directeurs sur 10) comme étant les moins en accord avec la fonction de directeur.

J'avoue un peu ma surprise de ces considérations. Si pour moi l'organisation pédagogique est importante, elle est toujours passée au second plan par rapport aux relations avec les parents - ce que j'appelle la "communication" - et avec nos partenaires (et en premier la municipalité) que je mets sur le même plan. Ce n'est pas en terme de "mission" que j'évoquerai cette communication, mais en terme de nécessité. Je perçois peut-être mieux là la différence qu'il peut y avoir entre les Directeurs adeptes d'une école auto-centrée et qui ne sauront peut-être pas quoi faire d'un statut dont ils ne perçoivent pas tous les enjeux, et ceux qui comme moi-même veulent une école ouverte sur les territoires et sur le monde et efficace socialement - dans tous les sens de ce dernier terme -. Voilà qui est pour moi une piste de réflexion extrêmement intéressante qui m'autorise à mieux comprendre quelques réticences et quelques peurs.

Continuons donc sur le statut des Directrices et Directeurs d'école et celui de l'école (car ils vont de pair, ce que certains ne veulent pas entendre ou comprendre) :

Depuis plus de trente ans, cette interrogation qui taraude notre système éducatif et nos responsables politiques et professionnels reste « en suspens ». Malgré plusieurs « tentatives » officielles pour apporter des réponses dont les plus marquantes sont :
  • le statut de maître-directeur (1987) ;
  • le rapport « Pair » au ministre de l’Éducation nationale, Claude Allègre, qui propose la création des établissements publics du premier degré (1998) ;
  • la loi de décentralisation de 2004 (articles 86 et 69 bis qui autorisent l’expérimentation des établissements publics locaux d’enseignement primaire (EPLEP) ;
  • le rapport « Caraglio/Le Loup » (IGEN/IGAEN) proposant, en 2015, la création d’établissements publics scolaires de circonscription (EPSC).
Notre ambition ici, en rapport direct avec l’objet même de cette étude « Le moral des directeurs en 2018 », en introduisant in fine deux questions sur l’avenir de leur métier (l’une de type QCM, l’autre ouverte) est de connaître de façon plus précise et plus fiable le positionnement actuel des intéressés sur ce sujet ainsi que leurs propositions éventuelles en matière d’évolution.

Les 8 principaux mots clés/spontanés qui ressortent sont :
  • le statut de directeur (chef d’établissement),
  • les décharges (plus importantes et/ou généralisées),
  • le statut de l’école (autonomie/établissement public d’enseignement),
  • la hiérarchie (comportement et qualité des liens),
  • moyens en personnels (administratifs),
  • moyens matériels (finances, outils),
  • simplification (administrative),
  • formation (gestion des ressources humaines et budget).
Les résultats obtenus offrent -sauf erreur de notre part- un « diaporama » inédit de la réflexion actuelle des directeurs et pour la plupart viennent en renfort des analyses et constats effectués au chapitre 3. Ils se présentent ainsi : Pour clarifier les responsabilités et les prises de décision, faut-il que la structuration administrative de l’école évolue ?


Oui 84,11 %
Non 15,89 %

Plus de 8 directeurs sur 10 considèrent que l’administration actuelle de l’école
est inadaptée à leurs responsabilités et à leurs prises de décisions professionnelles
et doit évoluer.

Ah que c'est bon ! Ainsi donc ma propre réflexion et celle de mes camarades du GDiD ne serait pas une absurdité ? Le statut de l'école et celui du Directeur seraient donc liés ? Je sens que quelques syndicats ne vont pas être heureux de cette partie de l'étude de Georges Fotinos.



Merci Georges ! :-)

Terminons :

Quatre informations essentielles ressortent de ce tableau :
  • la proportion très importante des répondants (plus de 4 sur 10) ayant cité (spontanément) l’évolution vers un statut de directeur. Cette réponse est souvent accompagnée de l’indication d’un modèle : le statut des personnels de direction des lycées et collèges.
  • l’intérêt porté à une nouvelle organisation de l’école fondée sur l’autonomie et prenant majoritairement la forme juridique d’un établissement public d’enseignement primaire.
  • une demande claire d’amélioration des conditions de travail plus particulièrement par une modification et/ou une généralisation des décharges fonctionnelles, des moyens matériels et en personnels, des simplifications administratives importantes.
  • une redéfinition des rapports hiérarchiques, plus empreints de bienveillance et plus tournés vers le conseil que vers le contrôle, ainsi qu’une demande de formation conséquente (sur la gestion des ressources humaines et des conflits ainsi que sur le droit et la gestion financière).
La prééminence du statut de directeur indiquée précédemment est ici renforcée. En effet cette proposition est placée en tête du classement des mesures prioritaires (classées n°1) à prendre « pour clarifier les responsabilités et les prises de décisions des directeurs ». Soulignons, sur ce champ du classement des choix, la seconde place du « statut de l’école », la présence tangible des « simplifications » administratives ainsi que les 2 dernières places occupées par la « formation » et les « moyens matériels ».

Tout est dit, ou plutôt écrit, je crois. Quelques semaines avant les élections professionnelles, quelques mois après la "mission-flash" Rilhac/Bazin-Malgras, quelques mois avant l'agenda social 2019, l'étude de Georges Fotinos tombe à pic pour apporter encore plus d'eau à notre moulin qui fonctionne déjà à plein : nous ne manquions pas de farine, voilà qui va nous permettre de moudre le grain. Y compris d'ailleurs avec nos syndicats amis - le SE et le SGEN -, et un syndicat avec lequel nous pourrions nous entendre - le SNE - à condition qu'il accepte de discuter de certaines positons ambiguës. Nous avons rendez-vous avec eux tous en milieu de mois - nous ne chômons pas, vos sous sont bien employés - et... voilà, j'espère que tout ça va enfin dans un an ou deux nous donner un beau fruit.  Moi rassurez-vous je vous le rappelle je ne serai certainement plus dans mon bureau d'école mais devant celui de mon domicile, je bosse pour VOUS, comme Alain, Pierre et Samuel.  Moi... je continuerai peut-être à vous enquiquiner avec mes billets, mais je ne connaîtrai plus le stress de la journée qui me réclame de courir partout pour m'occuper de tout simultanément.

A propose d'argent...

... parce que l’association GDiD n’est dotée d’aucune décharge fournie par le ministère, parce qu’elle ne touche aucune subvention, le seul financement permettant de continuer à défendre les Directrices et Directeurs d’école, c’est la cotisation de nos membres. Vous voulez que notre métier soit reconnu ? Unissons-nous pour nous aider nous-mêmes ! Adhérez :


jeudi 1 novembre 2018

Dans le sens du vent...

Il y a vingt ans le GDiD a lancé depuis Marseille une alerte météo. Cet épisode méditerranéen, de légère brise, s'est transformé en tempête.

Nous disons depuis vingt ans que les Directrices et Directeurs d'école ne peuvent plus travailler dans la sérénité et qu'ils n'ont pas les moyens de leur métier. Nous disons depuis vingt ans qu'un statut leur est indispensable pour leur permettre d'accomplir tout ce qui est nécessaire à la réussite de leurs élèves. Nous disons depuis vingt ans qu'on ne pourra pas se passer de transformer l'école et que cette transformation passe d'abord et avant tout par la Direction d'école.

De nombreuses digues ont été érigées pour éviter cette transformation de l'école : par les différents ministères qui se sont succédé depuis vint ans; par un certain nombre de syndicats pour lesquels l'école doit rester tel qu'elle était il y a cinquante ou cent ans, et en cela ils rejoignent la ferveur populiste du "c'était mieux avant", nostalgique de la férule ou d'un uniforme qui n'a jamais été porté, quitte à faire ami-ami avec l'extrême-droite ou l'extrême-gauche. Ces syndicats sont en train d'en crever, et c'est tant mieux.

Les digues cèdent une à une, parce que le vent est trop fort aujourd'hui et que les flots ne vont pas tarder à submerger les certitudes.

Tout aujourd'hui va dans le sens du vent. Il faut dire que le GDiD n'a pas cessé depuis vingt ans d'alerter qu'une tempête se levait. Après de multiples interpellations à la Chambre ou au Sénat, certaines anciennes comme celles de Frédéric Reiss qui lui aussi est un lanceur d'alerte, après de multiples rapports et autres constats certains internationaux, après avoir été rejoints par quelques syndicats attentifs et responsables, nous avons depuis quelques mois reçu beaucoup de signaux positifs quant à la prise de conscience du phénomène, mais aussi quelques idées de solution dont nombreuses sont celles qui rejoignent les propositions du GDiD.


C'est un soulagement, en un sens. Savoir qu'on n'est pas seul à agiter un drapeau d'alerte est rassurant. Mais que d'efforts incessants depuis toutes ces années... Vous voudriez croire que le GDiD n'est pour rien dans cette ambiance "porteuse" - j'utilise exprès un terme professionnel - ? Alors vous vous trompez lourdement. Au cours des années depuis vingt ans nombreux sont celles et ceux qui ont lâché, qui ont hélas abandonné dégoûtés ce merveilleux métier, qui ont pris leur retraite avec soulagement, qui sont partis sous d'autres cieux pour des divergences de forme mais continuent à se bagarrer de leur côté. Nombreux aussi sont celles et ceux qui sont restés, qui s'accrochent et qui y croient malgré les vicissitudes et l'investissement que cela leur réclame : elles et ils interpellent leurs élus, parlent, expliquent, commentent, contactent les médias... Ce sont autant d'efforts personnels qui font la richesse du GDiD qui reste une association d'individualités convaincues qui aiment le métier de Directeur d'école, en comprennent l'importance pour la réussite des élèves, et continueront à tout faire pour avoir les moyens techniques de leur travail. Merci. Merci à tous, quelles que soient vos opinions, votre éventuelle syndicalisation, quelles que soient nos engueulades et nos fâcheries temporaires : une association comme la nôtre, sans aide, sans support, avec quelques alliés mais pour autant sans plus de moyens, n'est riche que de nos efforts individuels. Oui, je suis le premier à pouvoir l'écrire, j'en ai la légitimité comme petit dirlo de trois classes, c'est du boulot "en plus", ce sont des efforts et de la fatigue supplémentaires. Mais j'aime trop mon travail pour laisser ceux qui vont arriver - parce que je suis très proche de la retraite - dans la merde noire que nous connaissons. Ce n'est pas de l'abnégation pour moi. C'est simplement que je continue dans un élan que je pense juste et nécessaire. Ce n'est par pour moi que je persiste. Je pense simplement, c'est aussi bête que ça, aux enfants qui entrent à l'école maternelle que je chéris, et je veux que leur soient offerts tout les moyens de leur réussite scolaire.

Je mets mon petit-fils dans le lot. Privilège de l'âge, j'ai la chance de viser aujourd'hui à moyen terme.

Mais bon sang qu'est-ce qui va donc tant dans le sens du vent ? Ces derniers mois ont eu lieu plusieurs interpellations du ministre à l' Assemblée et au Sénat. Nous avons eu l'excellente "mission-flash" des députées Rilhac et Bazin-Malgras dont j'ai très longuement parlé dans mon précédent billet. Et puis voilà que débarque un avant-goût du nouveau rapport de Georges Fotinos sur le "moral des personnels de Direction" qui après quatre années va nous livrer le 6 novembre prochain sa nouvelle mouture. Si je ne m'abuse ce travail existe depuis 2008. Un extrait de l'entretien :

"... Notre étude révèle que 23,4 % des 7 404 directeurs d'école interrogés sont potentiellement en état de burn-out clinique. On leur demande de plus en plus l'impossible, et ils ont le sentiment de ne plus pouvoir accomplir leur mission. "On n'oserait jamais demander à un pilote d'être aussi aiguilleur du ciel, hôtesse de l'air, agent d'entretien, vendeur de billets et responsable de la météo", nous ont confié certains durant l'enquête. Il y a urgence à agir. Il faut imaginer une nouvelle gouvernance de l'école primaire, dont les principes n'ont quasiment pas changé depuis... 1908. C'est à ce prix que l'on pourra sortir de cette spirale "mortifère". ..."

Deuxième nouvelle ce matin, celle dont nous gratifie Mme Bazin-Malgras - oui, encore elle, rappelez-vous sa mission-flash dont les conclusions sont parues cet été -, qui veut simplifier nos élections des représentants des parents d'élèves. Wouaaah ! J'ai trop braillé après cette idiotie d'opérer des dépenses somptuaires dans une école, et de perdre un temps qui nous est si précieux quand on n'a qu'une seule liste de candidats, pour ne pas applaudir des quatre mains - juste une citation littéraire, un gros bisous à celui qui trouve -. Un extrait :

"... La 2ème, suite à ma mission sur les directeurs d’école, vise à simplifier les modalités d’élection des représentants des parents d’élèves dans les écoles. En effet, si une seule liste est candidate, je propose d’exempter l’établissement et son directeur, surchargé par d’autres tâches administratives, d’organiser cette élection et tenir un scrutin. ..."

Voilà donc ce jeudi matin deux fleurs supplémentaires dans notre jardin, portées par un vent du sud. Plutôt que les piétiner je préfère les ajouter à un bouquet qui quasi quotidiennement devient de plus en plus gros et impressionnant. Certaines couleurs en sont encore un peu fades, mais je ne doute qu'avec les efforts du GDiD et de ses membres il sera sous peu lumineux et éclatant.

Un ultime point : parce que l’association GDiD n’est dotée d’aucune décharge fournie par le ministère, parce qu’elle ne touche aucune subvention, le seul financement permettant de continuer à défendre les Directrices et Directeurs d’école, c’est la cotisation de nos membres. Vous voulez que notre métier soit reconnu ? Unissons-nous pour nous aider nous-mêmes ! Adhérez :



samedi 27 octobre 2018

Information, réseaux sociaux... et Direction d'école bien sûr !

Pour les Directrices ou Directeurs d'école il est bon en ce moment de s'abstraire de la propagande syndicale qui submerge nos "boîtes mail". Je ne reçois jamais autant de courriels syndicaux que tous les quatre ans, lorsque se profilent les élections professionnelles. Je découvre même à chaque fois des syndicats obscurs dont je ne soupçonnais pas l'existence. Heureusement, si je peux dire, nos tâches de rentrée sont si prenantes et si variées que ne pas lire certains laïus navrants est fort simple, et j'avoue que ma touche "Suppr" commence à s'user...

À ce concert de revendications et de feintes indignations je préfère nettement m'informer par moi-même de ce qui m'intéresse, et au premier chef évidemment de la question du statut pour les Directeurs d'école que depuis tant d'années j'appelle de mes vœux. J'exprime d'emblée que ceux qui pensent que je n'ai comme envie que de Bonaparte devenir Napoléon peuvent ici arrêter leur lecture et se plonger dans celle de "Oui-oui et le grelot enchanté", qui conviendra certainement mieux à leur entendement de l'avenir de l'école. Pour paraphraser de Gaulle, ce n'est pas à mon âge et à moins de deux ans de la retraite que je vais entamer une carrière de dictateur. Ce à quoi j'aspire est simplement - et j'ai l'impression de me répéter - que l'école primaire ait enfin les moyens de ses ambitions au service de la réussite de chacun de ses élèves.

Bien entendu s'informer par soi-même sur l'internet demande une certaine habitude. Si j'attendais que Facebook me livre toutes crues les informations qui m'intéressent je me couvrirais de toiles d'araignées. D'autant que lorsqu'on parle "école" sur les réseaux sociaux les nouvelles sont en général totalement orientées ou sclérosées, soit par un passéisme castrateur de certains nostalgiques d'une école fantasmée, soit par une vision alter-mondialiste de quelques officines dans l'attente du "grand soir". Bien sûr il reste sur Facebook quelques camarades passionnants dont la veille indépendante est toujours pertinente - ils se reconnaîtront -, mais il vaut mieux s'abstraire de la plupart des commentaires qui ne font que souligner le peu de conscience, l'abyssale méconnaissance, le faible niveau de réflexion et parfois l'incommensurable haine de leurs auteurs. Cette réflexion est valable d'ailleurs pour tout autre média, journalistes et commentateurs confondus. Ou alors il faut avoir envie de ferrailler d'importance, ce qui m'arrive quand je suis fatigué et que je lis du n'importe quoi... Je me reproche souvent de trop l'ouvrir quand je devrais la fermer, ce que beaucoup de ceux que je fréquente sur Facebook pensent aussi de moi. Mea culpa.

Bref, l'info doit être cherchée. Et parfois on trouve. Se promener par exemple sur les sites institutionnels peut être fructueux. Ainsi la Chambre des députés et le Sénat apportent souvent leur lot de nouvelles.

J'y ai déniché ces derniers temps quelques "questions au gouvernement" qui complètent notre panoplie. Beaucoup de nos députés ou sénateurs, certains sollicités par les membres du GDiD ou simplement intéressés par la question, interrogent le ministre quant à ses projets pour les Directrices et Directeurs d'école. Ainsi récemment les questions de M. Xavier Breton, député LR de l'Ain, de M. Jean-François Longeot, Sénateur UC du Doubs, ou de M. Antoine Lefèvre, Sénateur LR de l'Aisne. Je vous épargne celles de nos représentants qui ne lisent que le prose des syndicats croupissants, ces questions n'ont aucun intérêt - réclamer des EVS, en 2018 ? Vraiment ? En plus de la part de gens qui prétendent lutter contre la précarité... -. Même si je ne doute pas que ces élus pensent qu'il y a un problème avec la gouvernance des écoles, leurs croyances - car on n'est plus dans la conviction mais dans le religieux -, les disqualifient d'emblée.

Bien entendu le ministre - ou le ministère - répond toujours à ces questions de la même façon : il attend patiemment qu'il y ait trois ou quatre questions sur le même thème et fait une réponse collective car le copier-coller coule de beaux jours dans nos institutions. Bien entendu il s'agit de vanter l'action du ministère et exprimer que tout va bien ou presque parce que ci parce que mi parce que ré. Compiler sans vergogne d'ailleurs et se prévaloir de l'action des gouvernements précédents, quitte à remonter dix ans en arrière, ne les gêne pas plus que ça.

Ce qui est intéressant dans ces questions n'est pas tant ce qui y est exprimé - même si honnêtement le propos est de plus en plus précis et je crois que le GDiD et ses membres n'y sont pas pour rien - que le nombre de nos représentants qui ont conscience du problème de la Direction d'école, de la gouvernance de l'école et de son pilotage. Ils comprennent que nous avons les mains liées et émettent le souhait que cela change. Si j'excepte un vieil allié comme Frédéric Reiss qui depuis de très longues années réclame sans faillir que Directrices et Directeurs aient un statut spécifique, peu nombreux jusqu'à récemment étaient les élus qui soutenaient réellement nos revendications. Aujourd'hui ils sont plusieurs dizaines déjà à s'être fait entendre.

Oui, je sais, les questions et les réponses et les constats s'accumulent. J'en suis cruellement conscient. Et ça dure depuis si longtemps qu'en faire la liste serait plus déprimant qu'autre chose. Peut-être le temps du politique, dans une époque déboussolée comme celle que nous vivons, n'est-il pas le nôtre. J'ai néanmoins l'impression que les choses accélèrent. La lamentable déclaration de Peillon quant aux Directeurs d'école lors de la "grande consultation" (en gros c'était "je sais mais ce n'est pas le propos pour l'instant"), et son lâche départ après avoir mis l'école primaire dans une belle merde pour plusieurs années avec son idée fixe des "rythmes scolaires", m'avaient mis sur le derrière (au fait, il est où, Peillon ? Toujours sur sa péniche ?). Mais Najat Vallaud-Belkacem en revanche nous a offert un référentiel-métier qui prouve par A+B que les Directrices et Directeurs d'école exercent non pas une "mission" - un mot à bannir de votre vocabulaire - ni une "tâche" - idem -, mais bien un métier particulier, spécifique, indispensable au bon fonctionnement de l'école. N'en déplaise aux plaisantins qui ne l'ont jamais exercé ou ont préféré l'abandonner face à son ampleur, et nous assomment depuis des lustres d'imbécillités diverses que je préfère taire par charité chrétienne.

Une étude ("mission flash") sur les Directeurs d'école a été faite cet été par deux députées, Mme Cécile Rilhac -députée LREM du Val d'Oise, et Mme Valérie Bazin-Malgras - députée LR de l'Aube. Elles ont auditionné beaucoup de monde, dont bien entendu le GDiD. Leur communication du 1er août dernier à la Commission des affaires culturelles et de l’éducation est remarquable de précision et de justesse. D'abord le constat, dont voici quelques extraits :

"... Les directeurs et directrices d’école sont des maîtres qui assurent des responsabilités de directeur en plus de leur fonction d’enseignant et sans réel pouvoir de décision. Des tentatives de réforme visant à donner à l’école et à son directeur un statut ont déjà été entreprises. Cependant, cette question se pose avec de plus en plus d’acuité. (...) l’augmentation, ces dernières années, des contraintes liées à la sécurité ont accentué le malaise des directeurs et le statu quo n’est plus tenable. (...)

La France fait maintenant figure d’exception au sein de l’OCDE par l’absence d’établissements (au sens juridique) et de chefs d’établissement dans l’enseignement primaire. ..."

"... En définitive, le directeur a beaucoup de responsabilités mais il lui manque d’une part le temps et les moyens pour remplir ses missions, d’autre part la légitimité pour asseoir son autorité et ses décisions. ..."

"... La comparaison avec les collèges est édifiante : pour un nombre d’élèves pas toujours plus important que celui d’une école, le principal est épaulé par un principal-adjoint, un conseiller principal d’éducation (CPE), un adjoint-gestionnaire et un secrétariat. ..."

"... Les directeurs sont donc tiraillés entre les tâches quotidiennes et le pilotage pédagogique, les premières prenant le pas sur le second, au détriment du suivi des élèves, de l’enseignement et du projet d’école. ..."

"... Ce qui complique encore la tâche des directeurs et les cantonne à la gestion du quotidien, c’est leur manque de légitimité pour prendre des décisions. N’ayant pas de pouvoir hiérarchique ni d’autonomie dans les décisions budgétaires, il leur est difficile de diriger leur école. Ils doivent obtenir l’accord de la commune ou de l’inspecteur de l’Éducation nationale pour la moindre décision. Cette absence de légitimité est source de malentendus, notamment avec les parents d’élèves qui s’attendent à ce que le directeur décide.

Bien que les maires aient généralement beaucoup de considération pour les directeurs d’école qu’ils considèrent comme des partenaires, ces derniers souffrent d’un manque de reconnaissance en termes de salaire, d’évolution de carrière (le fait d’accepter ces fonctions n’offre aucun avantage) et de statut au sein de l’Éducation nationale – notamment par rapport aux chefs d’établissement du second degré.

Les inspecteurs d’académie finissent par avoir du mal à recruter des directeurs, tant la tâche est considérée comme ingrate et mal reconnue. ..."

"... Les études de l’OCDE montrent que l’implication des chefs d’établissement est un gage d’amélioration du climat scolaire favorisant la qualité des enseignements. Aujourd’hui, la France fait figure d’exception. C’est un des derniers pays de l’OCDE où les écoles primaires n’ont pas d’autonomie budgétaire et juridique et c’est un des seuls pays où les directeurs d’école restent des enseignants et ne sont pas placés à un niveau comparable à celui des chefs d’établissement du second degré. Autre point de comparaison : dans les écoles privées sous contrat, les chefs d’établissement du premier degré ont le même statut et les mêmes attributions que ceux du second degré. ..."

Je pourrais mettre le texte de la communication dans son intégralité tant il est bien clair. Mais passons maintenant aux propositions des deux députées :

1) elles veulent "soulager les directeurs dans leurs tâches administratives et matérielles" en augmentant les décharges : "Nous proposons que les directeurs soient déchargés à 50 % à partir de cinq classes et à 100 % à partir de dix classes, et que les unités localisées pour l’inclusion scolaire (les ULIS) soient comptées comme classes dans le calcul des décharges." (...) Selon les estimations que nous avons obtenues du ministère de l’Éducation nationale, la mesure que nous proposons représenterait un surcoût de 3 800 équivalents temps plein. L’usage du temps non déchargé pourrait être assoupli afin que les directeurs qui le souhaitent n’aient pas la charge d’une classe permanente mais occupent d’autres fonctions, soit en interventions dans l’école (activités pédagogiques complémentaires – APC, ateliers ponctuels avec les élèves, remplacement des enseignants de l’école absents), soit à l’extérieur (coordonnateur de réseau d’éducation prioritaire, formateur des futurs enseignants ou directeurs). Certains pourraient aussi devenir directeurs du périscolaire, pour le compte de la mairie ou de l’intercommunalité."

2) elles veulent "Octroyer des aides administratives en fonction des situations" : "Nous proposons de rétablir une aide administrative pour les directeurs. Cette aide devrait aller en priorité aux directeurs qui ne sont pas totalement déchargés, ainsi qu’à d’autres écoles en fonction des besoins. Dans tous les cas, il faut laisser un peu de souplesse pour apprécier les besoins sur le terrain. Plusieurs solutions sont possibles afin que cela ne pèse pas trop dans les dépenses publiques : – dans certains endroits, il serait possible de mutualiser les secrétariats des inspecteurs de circonscription (IEN), pour les missions qui n’ont pas besoin d’être effectuées dans l’enceinte de chaque école (standard téléphonique et prise de rendez-vous, inscriptions) ; – l’Éducation nationale pourrait proposer des stages de préprofessionnalisation aux futurs enseignants dans le cadre de leur licence ; – des aides administratives pourraient être apportées par les communes : des secrétaires de mairie ou agents territoriaux seraient mis à disposition pour une mission à durée déterminée dans une ou plusieurs écoles ; certains élus que nous avons rencontrés, notamment en zone rurale, se sont déclarés favorables à cette solution dans la mesure où il ne s’agirait pas de créations de postes ; une incitation de l’État pourrait être envisagée ; – l’apprentissage est une piste à explorer : l’apprenti pourrait être placé dans l’école pour se former aux tâches de secrétariat, sous le tutorat de l’IEN ou d’un secrétaire d’IEN."

Si ces deux premières propositions partent d'un bon sentiment, elles ne répondent pas à ce que j'envisage pour l'avenir de l'école primaire. Néanmoins elles correspondent à un besoin immédiat, et je comprends parfaitement dans quel état d'esprit elles ont été élaborées. Et puis la lourdeur ahurissante de la seconde proposition la rend irréalisable, et enferrerait l'école dans un fonctionnement mortifère.

Les propositions suivantes en revanche ont du sens. Elle correspondent pleinement à ce que le GDiD aujourd'hui préconise, elles portent leur propre justification et répondent aux besoins réels d'une école du XXIème siècle. Quelques extraits :

"... La nécessaire revalorisation de la fonction passe par la création d’un statut de directeur. (...) Nous proposons donc de professionnaliser cette fonction en créant un véritable statut de directeur d’école, avec un recrutement par concours ou une validation des acquis de l’expérience pour les directeurs déjà en poste ainsi qu’une formation initiale et continue. Ce statut pourrait s’inspirer de celui des chefs d’établissement du second degré.

(...) certains regroupements d’écoles devraient être encouragés lorsqu’ils sont dans l’intérêt des élèves. (...) La nécessité de regrouper maternelle et élémentaire nous semble évidente maintenant que la scolarité est obligatoire dès 3 ans. Toutes les écoles devraient être des « écoles primaires ». C’est dans l’intérêt des enfants de bénéficier d’une continuité entre cycle 1 (maternelle) et cycle 2 (du CP au CE2), mais également dans l’intérêt des enseignants qui pourront passer du cycle de maternelle aux cycles 2 ou 3, sans changement d’affectation. Il n’y aurait qu’un directeur pour l’ensemble primaire, les regroupements permettant d’atteindre des seuils augmentant les décharges. (...) La mise en réseau de petites écoles au sein de regroupements pédagogiques intercommunaux déconcentrés (c’est-à-dire sur plusieurs sites) est un premier pas mais chaque fois que cela semble être de nature à bénéficier aux élèves, une fusion ou un regroupement intercommunal sur un même site devrait être envisagés, notamment afin de créer une école atteignant la taille critique pour pouvoir bénéficier de la création d’un poste de directeur. Comme nous le disions, ces regroupements doivent être conçus par bassin de vie et à l’initiative des acteurs locaux (collectivités locales, parents d’élèves, enseignants), avec l’appui des DASEN. Les maires que nous avons rencontrés à travers l’Association des maires de France et l’Association des maires ruraux de France n’y sont pas hostiles par principe, mais ils ne veulent pas qu’on le leur impose ni qu’on impose le périmètre. Tous sont attachés au pragmatisme et à la notion de bassin de vie. ..."

Voilà qu'est clarifiée la vision des deux rapporteuses de cette "mission flash". En dessous de dix classes les écoles conserveraient leur statut actuel, avec quelques aménagements destinés à faciliter le travail des Directrices et Directeurs qui y seraient nommés; au-dessus de dix classes les écoles changeraient de statut, et son Directeur avec. Notons que les deux députées précisent qu'il ne pourrait certainement y avoir pour ces chefs d'établissement un quelconque "retour en arrière" possible, une fois nommé chef d'établissement, on le resterait. Dans cette optique, le regroupement des écoles devient logique et porte en soi sa propre raison d'être à condition évidemment qu'il soit opportun et justifié pédagogiquement comme territorialement. C'est le projet du GDiD.

La dernière proposition des deux députées est plus discutable, et sera disputée. Elles souhaitent que l'école primaire se rapproche du collège, et elles mettent des gants pour exposer leur point de vue, qui n'est pas sans intérêt :

'... Cette distinction entre primaire et secondaire, qui semble évidente en France, n’est pas le modèle dominant. Dans beaucoup de pays européens, notamment scandinaves, il n’y a pas de séparation. Une mise en réseau des écoles avec le collège de leur secteur serait une réponse à l’isolement des petites écoles. Le collège serait la tête de réseau, à l’image des réseaux d’éducation prioritaire (REP). Les directeurs des écoles primaires rattachées seraient les directeurs-adjoints du principal. Il y aurait toujours un référent pour chaque site. Dans les endroits où les collèges ont de petits effectifs, cela permettrait de mutualiser leur personnel administratif au profit des écoles. Ainsi, les fonctions administratives ou « back-office » seraient effectuées au niveau du réseau. L’équipe médicale aussi exercerait au niveau du réseau. En termes pédagogiques, ces réseaux permettraient de développer les liens entre directeurs d’école et principaux de collège, de mettre en place des enseignements communs à des élèves des écoles et du collège ou des interventions croisées entre professeurs des écoles et enseignants du secondaire. Cela offrirait aussi la possibilité d’optimiser l’usage des locaux. ..."

Il semble que Mmes Rilhac et Bazin-Malgras ne souhaitent pas - ce que nous craignons tous - mettre les écoles sous la tutelle du collège. Ce n'est pas leur objectif. Pédagogiquement et matériellement cela tient debout, mais bien sûr il ne faudrait pas que quiconque en prenne prétexte pour commettre l'irréparable soit soumettre l'école primaire à un chef d'établissement du secondaire dont la culture de l'enseignement est loin d'être la même que la nôtre.

Ce rapport passionnant va être prochainement discuté. Je ne crois pas une seconde qu'il tombe au hasard, alors que la question de la Direction d'école fait partie de l' "agenda social" du Ministre de l'Education nationale. Dès le début 2019 la question (une "réflexion") sera soulevée. C'est le Ministre lui-même qui auditionné le 2 octobre dernier par la "Commission des affaires culturelles" évoque le travail de nos deux députées, suite à une question du toujours présent Frédéric Reiss. Voici un court montage de la réponse de M. Blanquer, et je dois préciser que les deux parties sont en réalité séparées d'un quart d'heure, M. Blanquer parlant auparavant de l'évaluation.


M. Blanquer dit une chose étonnante, et c'est à ma connaissance la première fois qu'un ministre de l'Education nationale utilise ces mots : "Il n'y aura pas de statu quo." Le travail du GDiD, tant d'années passées à réfléchir, à présenter, à expliquer, à discuter, à proposer, sans jamais rien lâcher, aurait-il enfin porté ses fruits ? Attendons la suite pour en être certains. Mais pour autant ces termes me vont droit au cœur, et me soulagent un peu.

Néanmoins la tâche n'est pas finie. J'écrirais même que dès janvier 2019 il va falloir peut-être clairement et chèrement défendre la singularité de notre école. Nous gardons tous en tête que si c'est le métier de Directeur d'école qui assoit notre action, c'est d'abord l'intérêt de nos élèves qui reste notre première motivation : les deux sont interdépendants ! Comptez sur nous et sur nos alliés syndicaux pour ne jamais l'oublier.

Un dernier point : parce que l’association GDiD n’est dotée d’aucune décharge fournie par le ministère, parce qu’elle ne touche aucune subvention, le seul financement permettant de continuer à défendre les Directrices et Directeurs d’école, c’est la cotisation de nos membres. Vous voulez que notre métier soit reconnu ? Unissons-nous pour nous aider nous-mêmes ! Adhérez :



mercredi 17 octobre 2018

Sommes-nous des monstres ?

Déjà en temps normal les revendications du GDiD paraissent incongrues aux yeux de nombreuses formations syndicales. Alors évidemment en période électorale les passions se déchaînent. Que nous réclamions une reconnaissance du métier de Directrice ou Directeur d'école semble ahurissant aux yeux de certains. Croyez-bien, non pardon soyez-en persuadés, ils sont peu nombreux : mais qu'est-ce qu'ils font comme bruit !

Peut-être ne le croirez-vous pas, mais je conserve un côté naïf. Probablement "naïf" n'est-il pas l'adjectif qui convient, mais je n'arrive pas à en trouver un autre. Je suis une personne confiante, je ne crois pas à la bonté inhérente de la personne humaine, je ne suis pas Rousseauiste pour un sou, mais quand je rencontre quelqu'un ou quand je fais une inscription dans mon école pour un nouveau "petit" de trois ans je suis souriant - c'est naturel chez moi - et surtout je veux croire à l'honnêteté et la gentillesse des personnes que je rencontre.

Cela m'a souvent rendu service. Fréquemment dans ma petite école maternelle j'ai affaire avec des personnes dont c'est le premier enfant qu'ils viennent admettre à l'école, ils sont inquiets et je fais tout pour les rassurer, les faire sourire ou rire, d'autant qu'ils sont nombreux à n'avoir pas de bons souvenirs de l'institution. Je ne parle pas des "anciens", ceux dont nous avons déjà eu un enfant, et qui débarquent tout contents de me revoir et de remettre les pieds à la mat'... quand ils l'ont quittée, parce que j'ai quand même pas mal de familles avec trois ou quatre gosses, que depuis quinze ans j'ai tous eu dans ma classe ! Qui s'en souviennent, merci, avec plaisir, et sont heureux de venir m'embrasser chaque matin en accompagnant le petit frère ou la petite sœur même si il ou elle n'est pas dans ma classe. Cela, ce sont des souvenirs emmagasinés pour plus tard, dans peu de temps, quand je serai un retraité soulagé.

Oui, soulagé. Parce que mon double métier, qui est aussi le vôtre si vous êtes Directrice ou Directeur d'école, est trop prenant, trop investissant. Il est castrateur, parce que je ne peux pas aller jusqu'où je l'aimerais, ni faire tout ce que je voudrais pour certains de nos élèves. Il est frustrant; déprimant souvent, fatigant. Il est injuste, parce que je dois parfois abandonner mes élèves pour un acte que seul le Directeur peut accomplir. Il est aussi accomplissant, je l'admets, quand j'ai beaucoup donné et que je vois des enseignants souriants, des enfants heureux, des familles paisibles, une municipalité confiante, un(e) IEN qui ne pense même plus à nous...

Que d'efforts ignorés... Que de travail non reconnu... Que de "petites" choses dont nous ne parlons pas mais qui nous bouffent notre temps, notre énergie... Ah oui ce SMS envoyé aux services techniques parce que patati, ce document imprimé ou transmis pour une enseignante qui pouvait très bien le faire seule mais qu'on sent aux taquets, ces trois mots rassurants donnés à une famille inquiète... C'est constant c'est permanent c'est intrinsèque mais à par nous autres qui s'en rendra compte ? Tant qu'on a pas été Directrice ou Directeur d'école il est impossible de comprendre ce que signifie et ce qu'implique notre travail.

Alors les revendications du GDiD font-elles de nous des monstres ?



Nous voulons que les Directrices et Directrices puissent exercer leur métier selon  le contenu qui a été donné par le référentiel que de nombreuses années de travail nous ont apporté - enfin - en décembre 2014. Ne pensez pas une seule seconde que le GDiD y fut étranger. Si certains syndicats alliés nous y ont aidé, c'est bien notre labeur qui a porté ses fruits. What else ? dirait George Clooney. Ou plutôt "qui d'autre" ?

Car en sommes nous voulons quoi ? Nous ne vivons plus au siècle de Zola, ni à celui de Piaget. Nous sommes en 2018, bientôt en 2019, plus en  1876 ni en 1936 ni en 1942 ou en 1947, j'en suis navré pour les thuriféraires de l'ordre ancien, qu'ils soient nostalgiques du Front populaire ou de l'Etat français, ou spleenétiques de la blouse et du coup de règle sur les doigts. J'en suis navré, mais j'ai connu ça enfant, et franchement je ne regrette rien. M'en voudrez-vous si j'exprime que pour regretter le passé il faut être au mieux abruti au pire un con fini ? Moi je vis dans le présent, et j'espère beaucoup en l'avenir, tant je pense que les générations qui suivent la mienne ont plus à proposer et à offrir. Mes enfants, mon petit-fils, méritent mieux que ce que j'ai connu et que je connais.

Donc nous voulons que les Directrices et Directeurs d'école aient un statut qui leur permette de travailler sereinement. Un statut c'est quoi ? Ce n'est pas juste un titre. C'est la possibilité d'acter, c'est à dire avoir une personnalité juridique. tant qu'à être responsable de tout autant en avoir aussi les avantages, c'est à dire avoir la responsabilité mais aussi le droit de décider : pouvoir prendre une décision en connaissance de cause, décider d'un achat et pouvoir signer un chèque pour en régler le montant, avoir le choix et le droit d'en assumer pleinement et totalement la responsabilité; faire un choix pédagogique pour son école, pour nos élèves, sans avoir à le demander à quiconque qui ne connait pas notre école ou n'y connait que dalle comme aujourd'hui ceux qui nous gouvernent, nous autorisent ou nous interdisent sans savoir ni quoi ni qu'est-ce ni comprendre quoi que ce soit à nos besoins nos envies nos impératifs ni ceux des enfants dont nous avons la charge. En somme être un chef d'établissement, et même plus tant ces derniers ne connaissent que peu leur métier : les principaux de collège sont-ils encore au contact quotidien des élèves ? Allons, soyons sérieux. Aujourd'hui clarté oblige, nous avons toutes les charges sans avoir aucun des avantages. Est-ce trop réclamer ?

Pire encore, le GDiD réclame un statut particulier. Se trouver sous la tutelle d'un collège ? Certainement pas ! Nous faire croire que les besoins d'un enfant entre trois et dix ans seraient les mêmes que ceux d'un adolescent serait nier toute la recherche pédagogique et toute la connaissance chèrement acquise depuis un siècle et demi. Nous voulons regrouper les écoles, parce que croire que les Directrices et Directeurs obtiendront un statut tant qu'ils seront 45000 à diriger des écoles dont 80% ont quatre classes ou moins c'est au mieux une illusion au pire un éhonté foutage de gueule de la part de syndicats dont je veux bien croire que certains sont aveugles. Pour autant devrait-on laisser faire n'importe quoi et accepter des établissements primaires à plus de seize classes ou plus ? Certainement pas, alors que des écoles de cette taille existent déjà. Que cela n'offusque personne me dépasse. Où est le Directeur ? Ah désolé il est en réunion. Comme proximité des élèves et de leurs besoins, des familles et de leurs besoins, des enseignants et de leurs besoins on fait mieux ! Désolé, ce n'est pas ma tasse de thé. Irai-je jusqu'à écrire que ça me dégoûte, et que je ne comprends pas que certains l'admettent aujourd'hui ?

Je suis un monstre. Je veux que mes successeurs puissent travailler dans de meilleures conditions, qu'ils n'aient plus à choisir entre leurs élèves et leur boulot quand on leur téléphone ou qu'on leur demande une paperasse ou une ânerie ministérielle. Parce que ce qui m'importe c'est la réussite de mes élèves, de CHACUN de mes élèves, pas la notoriété d'un ministre ou d'un IEN ou d'un DASEN dont je sais pertinemment que dans deux ans ou trois ou quatre il ne sera plus là pour me conter lanlaire. Moi dans deux ans je serai en retraite, tant mieux, je vois plein de jeunes futures et futurs Directrices et Directeurs d'école qui piaffent pour me remplacer, avec enthousiasme, avec désir, avec la volonté de faire progresser leurs élèves. Est-ce être un monstre que vouloir que ceux qui me suivront puisse avoir les mains et l'esprit libres pour faire au mieux ?

 Alors d'accord, je suis un monstre.


samedi 13 octobre 2018

Bon, je peux rêver.

Ouf, ça y est, les élections des représentants des parents d'élèves sont bouclées. Que de temps perdu, que d'argent et d'énergie gaspillés, que de papier jeté à la poubelle... Tiens, cela me remet en mémoire la merveilleuse "enquête 19" que certains d'entre vous ont certainement connue, qui nous prenait un temps fou avant que le Ministère se décide enfin à mettre ça "en ligne".

Une maman élue hier me demandait pourquoi il n'était pas possible de voter par internet. Me posant la même question chaque année je n'ai pas vraiment su quoi lui répondre, sinon lui dire que l'Education nationale n'était pas connue pour sa réactivité. Pensez à vos bulletins de traitement qui n'apparaîtront au mieux sur ENSAP qu'en avril 2019 pour la plupart des académies !

Pourtant il serait relativement simple d'opérer ce changement, la liste des électeurs d'une école étant déjà incluse dans l'inénarrable "Onde" qui aura nécessité tant d'années pour sembler à peu près au point - mais qu'est-ce que c'est moche encore, presque du réalisme soviétique -. Un code à usage unique attribué à chaque votant, que je veux bien imprimer, tiens, et même distribuer. Et hop ! Je suis sûr que nous augmenterions le nombre des votants - qui reste moyen dans mon école -. Et puis, comme il s'agit d'un scrutin de liste, ce serait la fin des bulletins nuls raturés. Plus de bureau de vote - comment on fait pour conjuguer ça avec les consignes de sécurité et qu'on est en classe ? -. Plus de laborieux dépouillement ni de poubelles remplies de bulletins et d'enveloppes à peine imprimés. Le PV serait fait automatiquement, il n'y aurait plus besoin de le faire parvenir à qui que ce soit, juste à l'imprimer pour affichage. Pour le Directeur, une seule saisie en amont, celle des listes de candidats...

Bon, je peux rêver.



Mais dans la liste de ce qui serait nécessaire pour alléger nos tâches, celle-ci ne me parait pas la moindre, d'autant que ces élections ont lieu à une période de rentrée où nous avons autre chose à faire pour que nos écoles fonctionnent au mieux des besoins de nos élèves et de leurs enseignants. Et je ne ferai qu'évoquer ces étonnantes évaluations nationales qui bien entendu doivent être faites dans l'urgence au même moment avec une saisie aléatoire sur un service qui fonctionne quand il en a envie.

Si j'osais... PPMS ? DUER ?

L'éducation nationale, cela a toujours été Ubu Roi. Cela ne s'arrangera pas tant que les Directrices et Directeurs d'école ne seront pas chefs d'établissement et n'auront pas la haute main sur le fonctionnement de leur école, parce que nos élèves et les enseignants devraient passer en premier dans nos préoccupations. Manifestement ce n'est pas l'avis du Ministère qui persiste à tout vouloir nous balancer avec vigueur du haut de sa pyramide sans se poser de question : un fonctionnaire, c'est fait pour fonctionner, par pour réfléchir. Il est vraiment à se demander pourquoi faire de si longues études et avoir le statut de cadre A - sans en avoir la paye d'ailleurs -. Alors tant qu'à faire, plutôt qu'une vidéo de cyniques compliments de rentrée sur la qualité de mon travail...

lundi 8 octobre 2018

Syndicats et Directeurs...

Quel est le projet syndical pour les Directrices et Directeurs d'école ? Bien malin qui pourrait le dire pour certaines centrales...

On nous pose souvent la question, surtout en ces instants d'élections professionnelles imminentes et de propagande syndicale exacerbée, d'éventuelles consignes syndicales de la part du GDiD.

Nous refusons de le faire. Ce n'est pas notre rôle. Nous voudrions, nous, pouvoir travailler avec tout le monde. Alors nous n'avons pas à vous dire quoi faire. D'autant que ce sont plusieurs niveaux d'élections qui nous attendent, et il est possible de voter différemment selon son académie et pour le "national".

En revanche, nous pouvons vous apporter des pistes de réflexion. Voici un document qui vous donnera une idée de ce que chaque centrale préconise pour les Directrices et Directeurs d'école. J'ai fait ce document avec honnêteté, dans le sens où il est très difficile de savoir précisément les projets des centrales syndicales. Alors j'ai pioché sur le net pendant plusieurs heures, et n'ai fait que des "copier-coller" de ce qui était précisé quant au sort qui nous était réservé.

Ce qui apporte des surprises...

Bref, un document pdf à consulter avec attention avant les prochaines élections (en bas, "télécharger le fichier"). Bon courage !

vendredi 5 octobre 2018

Une consigne...

Attention !

Chers collègues Directrices et Directeurs d'école, vous êtes une cible de choix pour les syndicats en cette période d'élections professionnelles. Ne cédez pas aux peurs irrationnelles, ne vous laissez pas berner par ce qu'on vous expose comme une absolue certitude, à base de rapports divers ou d'articles de presse si mal informés qu'il s'approchent dangereusement de la ligne rouge du mensonge et de la manipulation.

Attention aussi aux clivages artificiels et partisans que certains veulent mettre entre nous. Ce qui nous réunit est plus fort que ce qui pourrait nous diviser. Pensez au vieil adage "Divide ut regnes" et demandez-vous à qui pourrait profiter cette partition.

Gardez la tête froide, raisonnez sainement, sachez que rien n'est dans aucun tuyau et que rien n'est écrit. Vous avez des convictions ? Tant mieux. Et bientôt vous voterez en fonction de ces convictions. Pensez à l'avenir, parce que ces élections vont influer fortement sur la transformation de l'école. Ne décidant rien mais responsables de tout, vous êtes les mieux placés pour comprendre que notre situation est intenable, que cette transformation est indispensable. Elle ne doit pas se faire sans nous ! 

Le GDiD, ce sont des Directrices et Directeurs d'école bénévoles, sur le terrain, qui n'agissent pas pour une idéologie mais pour changer les choses au mieux dans l'intérêt de l'école, celui des enseignants qui nous accompagnent, et surtout de nos élèves qui méritent mieux et toujours mieux. Ne l'oubliez pas, n'en doutez pas, et votez.