vendredi 13 avril 2018

Comment interpréter une photo...

C'est trop facile!

Directeur d'école, un métier complexe: le Directeur chargé de classe vérifie qu'il n'a rien oublié dans sa classe le matin avant d'ouvrir le portail...


Directeur d'école, un métier complexe: manteaux et lacets, la galère quotidienne pour le Directeur d'école chargé de classe... (règle n°1 de ce métier: plier les genoux)


Directeur d'école, un métier complexe: le Directeur reçoit et écoute patiemment un parent d'élève qui n'admet pas que son gosse - une feignasse invétérée - ait eu une appréciation lamentable à sa dernière interro...


Directeur d'école, un métier complexe: le Directeur chargé de classe est de surveillance de récréation...


Directeur d'école, un métier complexe: le Directeur d'une petite école gère en APC un "groupe restreint" en langage oral un soir quelconque de semaine... (il n'a que ça à faire, il faut croire)


dimanche 8 avril 2018

La grande escroquerie...

Voilà, c'est fait, les promotions à la "classe exceptionnelle" pour l'année 2017 sont actées dans chaque département. Les enseignants concernés vont être promus rétroactivement au 1er septembre 2017, et la campagne 2018 ne va pas tarder - elle est même déjà lancée dans certains départements comme la Corse du Sud par exemple -.

Les enseignants?

Je ne peux m'empêcher à la lecture des résultats de ces promotions de grade de penser que les Directrices et Directeurs d'école sont une fois de plus l'objet d'une monstrueuse escroquerie. Il faut effectivement se rappeler qu'il était envisagé en 2013 de créer un "grade d'accès fonctionnel" pour les Directrices et Directeurs d'école, GRAF qui a été ensuite emporté par les vagues des accords PPCR au grand plaisir des centrales syndicales qui pouvaient alors avec allégresse inclure tout le monde dans la future Classe exceptionnelle. Un joli exercice, totalement passé inaperçu aux yeux de Directeurs d'école amorphes, qui permettait de se servir et de servir les petits copains en priorité.

Les résultats présents montrent que l'opération est une totale réussite. Le nombre de personnels "hors-sol" récompensés pour cette promotion 2017 est trop important pour ne pas laisser en bouche un goût amer. Une fois de plus les Directrices et Directeurs d'école sont abandonnés au bord de l'autoroute, une laisse autour du coup qui les attache certainement trop au terrain quotidien, celui des écoles, celui des élèves, celui d'une implication et de responsabilités fortes qui reste ignorées voire méprisées par une institution pyramidale ignorante des réalités. La proportion de nouveaux promus Conseillers pédagogiques et autres bureaucrates qui n'ont plus vu d'enfant depuis des lustres est phénoménale, constatable et constatée, admise par certains DASEN honnêtes eux-mêmes. Au détriment bien entendu des Directeurs d'école dépouillés comme dans un bois d'une reconnaissance pourtant si méritée.


Je dois admettre que la lecture de certains noms dans mon département m'a néanmoins fait plaisir. La reconnaissance du travail exemplaire de certains d'entre eux, que je concède sans sourciller, est méritée. C'est l'absence quasi systématique de celle qui nous est due qui m'apporte un certain ressentiment. Clairement nous avons été grugés, et le barème adopté n'y est pas pour rien: d'une part l'ancienneté dans la plage d'appel (soit le nombre d'années en hors-classe, selon l'échelon), qui apportait un certain nombre de points récompensant l'âge du candidat - en soi, cela n'a rien de choquant, si ce n'est que les carrières un peu chaotiques sont ainsi dépréciées -, d'autre part l'appréciation prépondérante des DASEN, certainement plus douteuse car soumise aux aléas de rapports parfois douloureux d'une Directrice ou d'un Directeur avec son IEN ou simplement à la proximité avec le DASEN lui-même pour certains postes rattachés à la DSDEN.

On peut imaginer que maintenant que les petits camarades ont été servis, la proportionnalité va faire que la promotion du 1er septembre 2018 sera un peu moins étrange pour le 1er vivier, celui qui correspond à nos huit années au moins d'investissement dans nos écoles. Wait and see. Je ne peux pourtant pas m'empêcher de penser que le système a été volontairement dévoyé.

La classe exceptionnelle apporte finalement peu en terme de rémunération. Elle était destinée à être un signe de reconnaissance de notre métier. C'est raté. Il faudra vraiment désormais être attentif à ne pas rater le coche d'un changement de statut pour les Directrices et Directeurs d'école. Il faudra persister dans un lobbying offensif, mouiller nos députés dans la réclamation des changements et des évolutions nécessaires et titiller nos politiques sans relâche, impliquer les centrales syndicales au-delà du feu de paille d'une année électorale qui fait émerger certains d'un long sommeil. La tâche est rude, mais elle est nécessaire pour l'avenir de notre école et celui de nos élèves.

Forza!

mardi 3 avril 2018

Un mot du président...

Bonjour à tous,

J’ai été reçu ce soir par le député Lionel CAUSSE à l’assemblée et nous sommes ensuite allés au MEN pour parler de la direction d’école et de la nécessité de faire évoluer cette situation. Il a pointé les difficultés qu’il avait rencontrées en tant que Maire pour trouver des interlocuteurs avec pouvoir de décision et que c’est précisément ce qu’il faudrait donner aux directrices et directeurs d’école. Il a demandé à la conseillère sociale qui nous recevait de demander au Ministre d’ouvrir un vrai chantier sur le sujet qui permette d’expérimenter des formes d’établissements du premier degré avec de vrais directeurs (trices). Des discussions devraient démarrer et j’espère que le GDiD y sera associé. En tout cas il faut continuer à mobiliser nos députés car c’est bien par le chemin politique que nous avancerons. 

Il faut continuer!

Courage à tous.

Alain Rei

Post-scriptum: M. Causse s'intéresse grandement à notre situation, il n'est pas le premier et espérons qu'il ne soit pas seul. C'est que peuvent nous laisser penser les réactions parfois effarées quant à notre situation des députés que chacun de notre côté nous avons pu contacter. C'est pourquoi nous devons continuer à les mobiliser. Il faudra que ce chantier constamment reporté s'ouvre un jour!



... et plein d'autres réactions d'élus sur le groupe Facebook du GDiD !

samedi 31 mars 2018

La grosse offensive !

Pas eu beaucoup de temps pour écrire sur ce blog ce mois-ci... ni ailleurs d'ailleurs! Les temps ont été compliqués pour le Directeur d'école/enseignant légèrement débordé par diverses tâches et une classe de maternelle aux effectifs excessifs excitée de ne pas pouvoir mettre le nez dehors pour cause de pluies incessantes. Ouf, trois jours de répit, et plus qu'une petite semaine avant les prochaines vacances. J'avoue ne plus en pouvoir.

Cela ne m'a pas empêché néanmoins de constater avec ironie la très attendue "grosse offensive" syndicale de printemps sur les Directeurs d'école. J'ai dans le billet précédent évoqué une centrale historique, une autre que j'attendais au tournant n'a pas manqué de nous faire son discours et de nous sortir sa pétition sur le thème "la coupe est pleine pour les dirlos". Je parle de FO bien entendu, qui marque son territoire à la manière des hippopotames en vue des élections professionnelles de fin d'année, au cas où nous serions trop stupides pour voir leurs gros sabots. Par charité chrétienne, j'aime autant m'abstenir d'écrire ce que je pense.

Droit dans ses bottes, le SGEN-Cfdt continue son petit bonhomme de chemin en vantant les mérites de l'établissement du 1er degré, revendication que soutient également le GDiD tant nous croyons que c'est le meilleur moyen de conserver des structures territoriales gérées par un vrai Directeur d'école issu du terrain... et qui pourrait éventuellement y retourner s'il le souhaitait. Mais voilà-t'y-pas que le syndicat nous sort cette semaine un projet lourdingue qui complique les choses au lieu de les décomplexifier, projet dans lequel le Directeur d'établissement primaire ne serait plus qu'une portion congrue - nous sommes à peine cités! - noyée dans une profusion de nouvelles structures administratives castratrices. Question simplification, bonjour. Bref, copie à revoir, je pense. Au boulot! Notez que le SGEN continue son tour de France pour convaincre (le 6 avril à Montpellier, le 11 à Vannes, etc), que c'est sous forme de "formation syndicale" - absence de droit -, et que si vous souhaitez exprimer vos idées, vos réticences, vos doutes ou votre enthousiasme, c'est certainement le bon endroit.

Non, le travail syndical le plus épatant de ces quinze derniers jours est celui du SE-Unsa, à qui je tire mon chapeau. Je n'attendais pas grand chose de leur "quinzaine" consacrée aux Directrices et Directeurs d'école, mais leur lobbying est remarquable d'efficacité! Alors qu'on aurait pu croire que les "assises de la maternelle" initiées par le Ministre allaient faire la majorité des gros titres de presse sur l'éducation, c'est l'appel du SE qui a tenu le devant. Il faut dire que les sections locales de nombreux départements ont fait un travail considérable pour soutenir l'action nationale, avec des arguments imparables si j'excepte celui des "aides à la Direction" qui m'agace toujours autant. Du beau boulot, j'apprécie en connaisseur.

Le hasard du calendrier a fait qu'au même moment la CASDEN sortait son "enquête sur le moral des Directeurs d'école", un travail initié et conduit depuis 2003 par Georges Fotinos (si vous n'avez pas encore répondu à cette enquête, ne manquez pas de le faire en cliquant sur le lien ci-dessus). Les résultats de cette consultation sont chaque fois probants...

Bon, je vais aller manger un œuf au chocolat, un peu de magnésium ne me fera pas de mal. Joyeuses Pâques!

samedi 10 mars 2018

Un ennemi déclaré !

Les élections professionnelles de la fin de l'année 2018 excitent les centrales syndicales, dont certaines commencent fort opportunément à se rappeler l'importance des Directrices et Directeurs d'école - qui votent, eux ! - dans le processus décisionnel des enseignants du primaire.

Si le SGEN-Cfdt, le SE-Unsa, le SNALC et d'autres ont depuis longtemps pris position en faveur de la reconnaissance effective du métier de Directeur d'école, avec des projets divers, des idées différentes voire divergentes, mais au moins l'affirmation à peu près claire de la nécessité d'un statut (avec des nuances) pour notre métier spécifique, d'autres en revanche atermoient depuis toujours ou réfutent catégoriquement notre existence.  Un exercice est amusant d'ailleurs qui consiste à taper dans un moteur de recherche les mots "directeurs d'école" et ensuite "direction d'école" et de comparer les résultats: d'un côté vous trouverez des liens vers des articles des syndicats progressistes, de l'autre des liens vers des articles des syndicats "bizarres" pour lesquels l'individu n'existe pas sinon au travers du collectif... Suivez mon regard.

Parmi les plus récentes publications, celle du SNOOPY - pardon, du SNUipp, excusez, une vieille habitude - attire mon attention tant elle est bancale. J'ai l'impression que l'élaboration du texte a mobilisé la vigilance des élus nationaux qui voulant ménager chèvre et chou, soit électorat de base et Directeurs d'école, ont choisi chaque mot avec prudence. On peut y voir selon sa concentration un effort grinçant, ou une déclaration de guerre.

Allons, je vous mets le lien, ça me donne de l'urticaire, mais si je veux être clair...

Le syndicat, qui semble-t-il découvre notre situation au détriment de sa propre histoire (nous en avons tous pris plein les dents avec la célèbre "grève administrative" qu'ils ont opportunément oubliée), nous promet des "états généraux de la direction d'école". Passons d'emblée, chères et chers camarades de lutte, sur la rhétorique révolutionnaire qui me fait bien marrer tant j'ai du mal à imaginer un des trois rigolos du triumvirat snuippien en Mirabeau: "Nous sommes ici par la volonté du Peuple!".  Il y a des coups de baïonnette qui se perdent...

Passons aussi sur l'obsession des "pressions territoriales" qui consiste à nier d'une part que l'école soit communale, d'autre part que les élus peuvent être nos premiers partenaires à condition de savoir se les allier. Bien entendu je ne nierai pas ici, surtout auprès de certains d'entre vous qui ont eu à gérer des situations complexes, que c'est parfois compliqué voire infernal. Mais cela n'a rien à voir.

En revanche une première phrase m'interpelle gravement au niveau du vécu (... désolé, je n'ai pas pu m'empêcher...): "... Dans ce contexte difficile, il y a urgence à améliorer le fonctionnement pédagogique, éducatif et administratif de l’école ainsi que la reconnaissance de l’exercice de la fonction de direction." Enfer et damnation ! Ciel et putréfaction ! Le SNUipp changerait-il son fusil d'épaule? Que signifie donc cette "reconnaissance de l’exercice de la fonction de direction" ?

Pas grand chose. Concrètement même, cela ne veut rien dire. L'exercice de notre fonction est déjà explicité pleinement par le référentiel-métier de décembre 2014. Quant à sa reconnaissance, le SNUipp ne daigne pas nous expliquer ce qu'il demande. C'est logique, vous me direz, il ne demande rien, il veut juste convoquer des "états généraux", histoire certainement qu'on lui explique ce qui ne va pas. Ce qui implique qu'il n'en sait rien, et c'est un comble. Cela m'agace autant, tiens, que le discours actuel du SE qui nous pond un "enquête" afin de "placer la question de la direction d’école dans le paysage ministériel". T'en foutrai, moi, des enquêtes... M'énerve! Quand je pense que le SE a été à nos côtés depuis tant d'années pour jouer les vierges effarouchées en 2018... Grrrr.

De toute manière, si vous aviez une quelconque illusion quant aux objectifs du, vous pouvez avec allégresse mais détermination vous en tamponner le coquillard. Car le premier objectif de cette décidément inénarrable centrale inexorablement vouée à terme à une disparition peu glorieuse est (je cite) "Une publication pour mettre en avant le projet du SNUipp-FSU pour la direction d’école passant par l’amélioration des conditions d’exercice le projet démocratique pour l’école et la critique de la mise en place d’un statut de directeur d’école." Voilà qui est clair, cette fois. Les mots "projet démocratique" me font encore une fois hurler de rire, je ne savais pas que j'étais élu à mon poste, mais pourquoi pas, hein, qui n'ose rien n'a rien, même Robespierre après avoir guillotiné la moitié de ses contemporains a fini par crever couché sur une table la mâchoire arrachée.

Bref, cette découverte, si elle m'a mis en joie, n'a même pas été une illusion momentanée. Le Snoo... le machin ne veut pas de statut pour les Directrices et Directeurs d'école, un point c'est tout. Vous attendiez autre chose?

Moi oui. J'attends maintenant les offensives de SUD, de la CGT, de FO. Parce que j'aime bien rigoler.