dimanche 19 janvier 2020

L'autonomie de l'école porte-t-elle un risque ?

Il fut une époque où le GDiD réclamait un "statut" pour les Directrices et Directeurs d'école, simplement, parce que notre position devenait difficile à tenir. C'est un temps révolu, aujourd'hui c'est un changement infiniment plus profond que le GDiD réclame.

Nous avons compris qu'un simple changement de statut ne changerait rien à nos charges et devoirs qui au fil des années ont enflé au point de devenir ingérables. C'est le statut de l'école qu'il est nécessaire de faire évoluer, afin de répondre à ses besoins qui ne sont plus les mêmes qu'il y a seulement trente ans, ou ses attendus que nous percevons mieux. L'école doit prendre son autonomie pour répondre aux nécessités de son territoire dont les élèves sont différents du territoire voisin.

Différencier, voilà une belle idée ! Si on enseigne dans une communauté de communes d'Indre-et-Loire ou dans la métropole lyonnaise, si on dirige une école parisienne ou dans les Yvelines, les pratiques et moyens nécessaires sont certainement différents. Que voulons-nous, tous ? La réussite scolaire de chacun de nos élèves. C'est notre ultime objectif, c'est ce qui motive notre travail, c'est aussi ce pour quoi nous nous nous levons chaque matin et ce pour quoi nous sommes - mal - rémunérés. Toutes les enquêtes montrent que malgré nos difficultés nous persistons à aimer ce que nous faisons avec nos élèves, que nous enseignions ou dirigions une école.

Mais ce qui nous est donné pour travailler ne correspond pas toujours à ce que nous souhaiterions. Il y a des écoles au public difficile, il y a des écoles dont les élèves ont plus de difficultés, il y a des écoles "riches" et des écoles "pauvres", il y a des écoles de taille ahurissante et d'autres minuscules, il y a des écoles aimées par les édiles municipales et d'autres laissées en déshérence voire tyrannisées, il y a ... Où est l'égalité républicaine là-dedans ? Pas étonnant que les résultats de nos élèves soient aussi disparates si on ne tient pas compte de leurs besoins. Alors que chacun d'entre eux à les mêmes droits, droit à recevoir et droit à la réussite  L'équité en prend un sacré coup dans l'aile.

Plusieurs pays ont opéré des tentatives plus ou moins réussies pour rendre les établissements autonomes. De nombreux problèmes sont apparus lorsque n'était proposée qu'une autonomie limitée. C'est une question systémique, changer l'école n'a pas de sens si on ne change pas le système. C'est bien le problème qui se pose aujourd'hui en France dans les EPLE : comment "prendre la liberté d’utiliser de façon raisonnée les ressources et les moyens (parfois réduits) alloués à l’établissement tout en devant faire face à des logiques de responsabilisation et d’évaluation appelant, dans le cadre de la Nouvelle gestion publique, à rendre des comptes à plusieurs instances, en particulier à partir d’indicateurs de performance chiffrés" ? (Claire Ravez)

Alors quelle autonomie pour l'école primaire doit-on espérer ? Comment concilier les besoins de gestion de l'école - sécurité, immobilier, mobilier, matériel... - avec les besoins éducatifs des élèves ? Aujourd'hui la Directrice ou le Directeur fait déjà beaucoup, on peut craindre à juste titre une inflation des responsabilités techniques au détriment des apprentissages. Là, le temps ni l'argent ne font rien à l'affaire, sans étroite collaboration avec les territoires qui en prendraient une bonne partie en charge le risque serait trop grand que l'autonomie se fasse sur le dos des élèves. C'est un problème dont je suis parfaitement conscient, qui réclame une nouvelle et claire définition des objectifs de l'école et des responsabilités du chef d'établissement primaire. "En 2012, Endrizzi et Thibert évoquaient le passage d’un modèle gestionnaire à un modèle de direction au service des apprentissages, confirmant les propos de Gaussel (2007) sur le rôle grandissant de la cheffe ou du chef d’établissement qui lui permet d’impulser une politique pédagogique spécifique et « de faire de son établissement une organisation apprenante »." (Dossier de veille de l’IFÉ, n°118)

C'est une réelle confiance entre la Nation et son école qu'il faut construire, et qui suppose l'abandon par l'Etat d'une certain nombre de prérogatives et d'obsessions auxquelles il s'accroche depuis 150 ans. On peut prendre l'exemple de la Finlande sur de nombreux points : "la Finlande a une approche systémique de la gouvernance des établissements. Dans ce système, les enseignantes et enseignants ont une place privilégiée : elles et ils jouissent d’une considération professionnelle et sont valorisé.e.s du fait de leur contribution à la prospérité économique, à la créativité culturelle et à la justice sociale. Dans cette dynamique de reconnaissance, elles et ils coopèrent « volontiers à la réalisation des objectifs nationaux » et cette attitude est pour eux « une façon de se faire réellement entendre à l’échelon national » (Hargreaves et al., 2009). D’autre part, les programmes, encadrés par l’État, sont déterminés au niveau des écoles et sont rédigés par les équipes enseignantes, au niveau des municipalités, « selon des modalités adaptées aux élèves ». « Le système repose [donc] sur la confiance dans la capacité des enseignants à bien transmettre en conformité avec les orientations données » et sur la responsabilisation de chacun « vis-à-vis de ses propres élèves mais aussi par rapport à l’établissement et à la société dans son ensemble »." (IFÉ, opus cité)

La France conservatrice, jacobine et fortement centralisée devrait donc changer son mode de fonctionnement, et substituer à la pyramide éducative institutionnelle qui brime les velléités d'autonomie (et les équipes éducatives) un nouvel ordre plus horizontal qui offre à des établissements primaires autonomes le choix de ses méthodes et de ses moyens pour parvenir à l'objectif commun de la réussite scolaire de leurs élèves. Les EPLE évidemment devraient aussi profiter de ce cadre rénové.


Le carcan sera difficile à desserrer tant depuis des siècles il comprime les libertés. Quel gouvernement osera démanteler ainsi l'éducation nationale ? Et puis les réticences sur le terrain persistent, cultivées avec démagogie par quelques réfractaires dont l'intérêt réside dans la sujétion des enseignants à des lubies d'un autre temps.

Pourtant l'intérêt de l'autonomie des établissements est celui des enseignants. Qui pourrait imaginer que la réussite des élèves soit celle du seul chef d'établissement, si charismatique pourrait-il être ? Bouvier en 2015 introduit "l’idée d’un management pédagogique de proximité reposant sur une vision stratégique pédagogique collective, mobilisant des valeurs de coopération et d’intelligence collective. Cela suppose une technostructure se défaisant d’une lourde pratique des injonctions et normes, pour favoriser le développement et le partage de compétences ; une évolution du milieu pédagogique qui se caractérise par « une forte présence d’altruisme individuel, une inébranlable solidarité de corps » et une incroyable « autarcie pédagogique collective » en sortant du statu quo." (IFÉ, opus cité) Ce n'est que dans un contexte collectif et d'équipe que l'autonomie d'une école peut fonctionner et porter ses fruits. Faire croire qu'un chef d'établissement du primaire ne pourrait être qu'un agent de coercition est effarant... à condition d'une révolution systémique. Alors "le principal enjeu « pour les chefs d’établissement consiste à devenir capables de faire progresser et de relever le niveau des performances en coopérant avec les autres acteurs de l’établissement et des intervenants extérieurs, en apprenant à leur contact et en influant sur leur comportement » (Hargreaves et al., 2009). On retrouve ici les tenants d’une organisation apprenante dans lesquelles les individus, par leurs comportements, leur culture, leurs attitudes, constituent une communauté apprenante, aboutissant à une plus grande performance et une meilleure gestion du changement. Dans cette organisation, la cheffe ou le chef d’établissement interagit avec les enseignants, les gestionnaires et personnels enseignants qui assurent conjointement les fonctions de direction pour faire émerger des « communautés professionnelles » et renforcer « l’efficacité collective »." (IFÉ, opus cité)

Quelles sont les peurs des enseignants à l'égard d'une autonomie réelle de terrain sous la Direction d'un chef d'établissement du primaire ? Elles sont de trois ordres, et ambivalentes :

  • d'abord la modification des relations entre les enseignants et le chef d'établissement qui aujourd'hui n'est qu'un "enseignant chargé de direction", même si de l'accord de tous ce rôle a fortement évolué. J'ai répondu plus haut à cette crainte qui n'a pas lieu d'être tant l'intérêt de l'un est celui des autres.
  • ensuite l'éventualité d'une perte de sens si le chef d'établissement n'est pas originaire du corps enseignant. Pour le GDiD comme pour moi la nécessité d'avoir enseigné en classe de nombreuses années avant de postuler à un tel poste est une évidence. Comme bâtir un projet d'équipe autrement ? La confiance se construit avec l'expérience du rôle de l'autre.
  • enfin la perte d'un cadrage hiérarchique très peu anxiogène aujourd'hui. Qui voit son IEN en dehors de "conférences pédagogiques" si peu adaptées à nos besoins ? Mais il a aussi ses limites : comment je peux exprimer mon besoin de reconnaissance, mes besoins de formation, mes difficultés... ou mes satisfactions ?
Ambivalentes. Parce que les agents de terrain se réclament d'une autonomie pédagogique qui pourtant les contraint et les étouffe. Aujourd'hui un enseignant est seul face à ses responsabilités et ses difficultés, voire ses déboires. A moins de cas graves de dysfonctionnement d'élèves ou de familles alors signalés à qui de droit, au terme de procédures complexes et souvent en fin de compte inopérantes, un enseignant reste sans moyen pour faire face à ses difficultés : les collègues sont au courant mais ne peuvent rien y faire, la Directrice ou le Directeur n'a que peu de moyens pour intervenir. C'est mon expérience de vingt années de Direction qui parle. Je voudrais aider plus, et mieux, mais que puis-je faire ? Je travaille en équipe alors nous convoquons la famille, nous discutons de façon plus ou moins détendue, cela finit bien... ou mal, voire très mal. Et puis moi j'ai ma classe aussi, je n'ai guère de temps et d'énergie à y consacrer. Tout se ligue contre nous.

On peut alors légitimement imaginer un fonctionnement d'équipe, tel qu'expliqué plus haut, dans lequel chaque cas est envisagé, souligné, exprimé, accompagné. Un enseignant face à une difficulté ne devrait jamais se retrouver seul. Ni une Directrice ou un Directeur d'ailleurs. Comment pourrait-on excuser une seconde que notre malheureuse collègue Christine Renon, que jamais je n'oublierai, ait pu se trouver à ce point isolée dans son malheur ? Mais notre situation présente convient tant à certains qu'ils ne veulent surtout pas en changer.

Si j'exprime ici tout mon désir d'une autonomie réelle des écoles à la condition d'un système éducatif rénové, c'est parce que je crois profondément qu'y réside l'intérêt de nos élèves. Je cite : "Les conclusions de l’OCDE basées sur les évaluations PISA, publiées en 2013 et 2015, indiquent également que « les résultats du Programme international de l’OCDE pour le suivi des acquis des élèves (PISA) suggèrent l’existence d’une corrélation entre, d’une part, l’adoption d’une combinaison intelligente d’autonomie et de responsabilisation, et d’autre part, l’amélioration des résultats scolaires ». Plus précisément, « les établissements disposant d’une plus grande marge de manœuvre quant au programme et à la pédagogie affichent de meilleurs résultats que les autres, ce qui n’est pas le cas de ceux qui disposent de plus de latitude en matière de gestion des ressources »." (IFÉ, opus cité)

Il est en qui imaginent que je cherche "le pouvoir" lorsque je réclame la création d'établissements du primaire. Oui, je le revendique, je réclame le pouvoir de faire plus et mieux pour chacun des élèves de mon école ! Depuis vingt ans que je suis Directeur j'ai principalement veillé à faciliter le travail des enseignants de mon école en les soulageant du mieux que je pouvais, sans jamais oublier l'intérêt des élèves ni celui des familles. C'est souvent facile à concilier tant les intérêts des uns rejoignent ceux des autres, tant un enseignant détendu est plus attentif et efficace, tant une famille confiante sera plus attentive aux besoins de son enfant, tant le bien-être d'un enfant l'autorisera à réussir et s'en réjouir. Mais le labeur est ingrat et compliqué, de plus en plus compliqué et énergivore même si je sais aujourd'hui me concentrer sur l'essentiel.

Un statut... Des établissements du primaire... Mais quel gouvernement, quel ministre osera révolutionner l'école ? Il va falloir du temps, beaucoup de temps, s'armer de patience. Oui nous verrons dans les mois et les années qui viennent quelques petits changements. Je ne suis pas pessimiste, le métier de Directeur d'école va changer, mais à la marge seulement, jusqu'à ce qu'un visionnaire soumette à la France un vrai projet.

Pour une fois la conclusion ne sera pas de moi : "Il s’agit de ne pas oublier que « les politiques doivent s’inscrire dans la durée pour espérer garantir l’équité et l’égalités des chances dans un système éducatif. Dix ou vingt ans ne suffisent pas pour parvenir à pareil résultat » (Sahlberg, 2009), et qu’« il n’y a pas d’autonomie sans responsabilités collectives et sans intelligence collective, et l’intelligence collective est un construit » (Bouvier, 2015)." (IFÉ, opus cité)


samedi 11 janvier 2020

De l'ombre à la lumière...

Je ressens un grand trouble.

Je l'écris et le réécris depuis longtemps, l'école est malade. Inefficace, inéquitable, elle a perdu tout son sens. S'il nous faut continuer à donner des coups d'épée dans l'eau, à quoi bon ? Lorsque j'ai débuté il y a fort longtemps nous avions envie d'accompagner nos élèves, nous étions convaincus du bien-fondé de notre travail. Envie et conviction, tout tient dans ces deux mots. Aujourd'hui chacun d'entre nous s'évertue à vouloir y croire encore, alors que déprimés ce n'est plus qu'un effondrement général du système que nous constatons.

Le sondage auquel s'est adonné le ministère auprès des Directrices et Directeurs d'école est symptomatique du fonctionnement général de l'école aujourd'hui : brouillon, dispersé, factuel, privilégiant la forme au détriment du fond. Il devait servir de miroir à notre profession, mais l'image a été "photoshoppée", si déformée qu'elle en devient ridicule. Les syndicats d'ailleurs lisent cet indigeste salmigondis chacun à leur façon, on y trouve à manger et à boire.

J'ai déjà exprimé à quel point la forme de ce sondage était idiote : destiné aux Directrices et Directeurs d'école, n'importe qui pouvait y répondre. Et puis ces questions fermées ! "Lorsque vous êtes en classe, vous êtes souvent interrompu pour répondre à une sollicitation liée à votre fonction de direction." Sans blague ? "Vous auriez prioritairement besoin d’appui pour… ?" Sans rire ? Ah oui je vais vous mettre un emploi-civique alors je veux savoir à quoi il va servir. Et encore "Dans votre fonction de direction, estimez-vous que votre autorité est reconnue par… ?" sans que soient proposés dans les choix possibles le ministère et surtout... les familles ! Et aussi "En tant que directeur / directrice d’école, vous souhaiteriez… ?" sans que soit proposée l'option "Devenir chef d'établissement" ou "Obtenir un statut de Directeur d'école". Dommage, la réponse aurait été intéressante.

Les questions ouvertes n'étaient pas meilleures. De plus le choix de n'extraire au pifomètre que 3001 réponses sur les 29000 enregistrées - qui n'étaient certainement pas toutes de Directeurs - montre une grande légèreté. Néanmoins ce fatras de propos donne quelques pistes intéressantes qui montre que malgré tout Directrices et Directeurs ne se laissent pas duper par les discours syndicaux extrêmes, qui voudraient que nous soyons "des enseignants comme les autres", exaltent l'illégale et hilarante "direction collégiale" ou les "républiques scolaires" (on m'a sorti ça sur Facebook, j'en rigole encore). Pour ces gens-là nous avons besoin de temps - certes, j'en conviens - et d'une "aide" quelconque (qui aurait elle un statut, bien entendu), et puis barka ! C'est si simple.

Soigne-t-on une maladie en n'en traitant que les symptômes ?

Nous qui sommes sur le terrain savons que le traitement doit être global. C'est un ensemble de mesures qui est nécessaire, et pour les "grosses" écoles elles sont si complémentaires que seule la création d'un statut de chef d'établissement du primaire permettre de les mettre en place. Ainsi dans les "pistes d’amélioration possibles" seuls 27% des répondants évoquent la simplification des tâches : et pan dans les dents du ministère, car au-delà des choses absurdes - que nous avions listées - nous prenons notre travail au sérieux qu'un statut spécifique nous permettrait d'accomplir dans la sérénité.

Seuls 2% des répondants veulent "le retour des EVS". Comme quoi les regrets exprimés sur les réseaux sociaux ne font pas recette.

Nous sommes 11% à exprimer que nous voulons un statut ou devenir chef d'établissement. C'est peu ? Que nenni ! Car ce chiffre apparaît dans "les tâches à simplifier"... ce qui n'a guère de rapport et montre plutôt la conviction de 11% des Directrices et Directeurs que seule la création d'un statut peut redéfinir notre métier.

La question "En tant que directeur / directrice d’école, souhaiteriez-vous être associé à l’évaluation des professeurs de votre école … ?" a également été posée. La réponse est intéressante car elle montre que cette évaluation des enseignants, chiffon rouge constamment agité par les syndicats extrémistes, n'est en aucun cas la priorité des Directrices et Directeurs d'école. Vous savez que ce n'est pas non plus celle du GDiD : nous estimons que l'évaluation des enseignants est une tâche spécifique, devenue rare hélas car elle limite les possibilités d'évolution dans nos métiers, qui réclame des compétences particulières et n'a de sens que si elle peut s'accompagner de formations adaptées aux besoins. Nous pensons que les IEN devraient pouvoir se recentrer sur cette mission primordiale et avoir le temps et les moyens de mieux l'accomplir. Mais néanmoins 25% des répondants sont d'ores et déjà prêts à accomplir cette tâche si elle nous est dévolue, ce qui est énorme, pour 74% contre - j'en fais partie mais ne porte aucun jugement -. On peut faire partie de la chaîne hiérarchique sans pour autant avoir la charge d'en évaluer les agents (et de toute manière mes IEN successifs m'ont toujours demandé mon avis lorsqu'ils venaient inspecter un enseignant de mon école). Bref... ce chiffon rouge est bien en loques.

Autre question ouverte, "Avez-vous d’autres éléments relatifs à vos missions de direction sur lesquels vous souhaitez vous exprimer ?" Il s'agit bien de s'exprimer sur notre travail actuel, pas sur nos souhaits, et spontanément 24% évoquent une "revalorisation du statut". Il ne faut pas se tromper là non plus, c'est un très gros chiffre, surtout que plus haut seul 1% exprime qu'il n'est "Pas besoin de lien de supériorité, de lien hiérarchique sur les enseignants".



Néanmoins donc je suis troublé. Pas par les réponses, ni par le sondage lui-même dont il va être bien difficile de tirer quelque leçon que ce soit pour le ministère. Les syndicats vont continuer sur leur lancée, même s'il va être plus difficile pour nos ennemis de faire croire que "les Directeurs d'école" ne veulent pas d'un changement de statut. Je suis troublé parce que je ne vois pas dans ce genre de démarche un quelconque projet pour l'avenir de l'école.

Je le réécris, l'école est malade. Elle est inefficace et inégalitaire, elle devrait résoudre les problèmes mais ne fait aujourd'hui qu'en amplifier beaucoup voire en créer de nouveaux. On peut soigner quelques points douloureux, donner un peu moins de charge de classe, offrir un téléphone ou un ordinateur portable aux Directrices et Directeurs, partager du temps de secrétariat, supprimer ou alléger quelques tâches... Mais l'école restera malade et continuera de traîner ses maux intrinsèques et de maltraiter élèves, Directeurs et enseignants. Où est là-dedans l'autonomie indispensable aujourd'hui des écoles ? Où sont les besoins des territoires ? Où sont les moyens indispensables au changement du système ? Où sont les élèves ?

Je persiste à penser, je persisterai à écrire que l'école primaire française doit changer de paradigme. Qu'en 2020 nous fonctionnions comme il y a 150 ans sans seulement nous poser la question de nos fonctionnements me parait une aberration sans nom. Pourtant les projets alternatifs existent, comme celui de certains syndicats ou celui du GDiD, qui seraient un début de réponse. On ne peut continuer sans cesse à tenter d'éviter les obstacles qui s'accumulent de plus en plus sur notre route, nos enfants, nos petits-enfants ne méritent pas de rester la dernière roue du carrosse, celle qui est la plus faible et parfois se brise. Je veux, je réclame, un projet d'ensemble pour une école du XXIème siècle, pas une école de la confiance qui n'est qu'un mot comme on a pu aussi nous donner ceux de bien-être ou de bienveillance, mais une école efficace et équitable qui ne laisse plus personne au bord du chemin. Je veux que notre procession d'aveugles s'illumine enfin.


mercredi 1 janvier 2020

Une année de promesses ?

L'année 2019 a été difficile. De soubresauts en drames, de déceptions en peines, les Directrices et Directeurs d'école ont vécu des temps compliqués. En ce 1er janvier d'une nouvelle année, nous ne pouvons pas oublier le sacrifice de notre collègue Christine Renon.

2020 sera-t-elle une année pleine de promesses ? Nous l'espérons, les premières annonces que notre ministre fera le 7 janvier prochain seront une première étape. Au GDiD, nous sommes convaincus que tôt ou tard notre projet verra le jour tant il est est valide et logique. C'est, nous le pensons, le sens de l'histoire de notre système éducatif. L'école primaire mérite mieux, nos élèves méritent mieux, nous méritons mieux que la déliquescence que nous subissons.

C'est pourquoi aujourd'hui nous faisons des vœux particuliers, pour que 2020 soit une année particulière qui verra les débuts de la reconnaissance pleine et entière de notre métier.

Nous vous souhaitons donc une