jeudi 15 février 2018

Il ne faut pas qu'il y ait maldonne...

Beaucoup d'enseignants, échaudés par les récentes déclarations de notre ministre, s'intéressent actuellement de près au GDiD. La crainte de voir les écoles sous la tutelle des collèges parait rassembler au point d'accepter, pourquoi pas, ce fameux statut spécifique des Directrices et Directeurs d'école pour lequel l'association milite depuis près de deux décennies. Après pourtant avoir été vilipendée par tous... ou presque! Les "anciens" me comprendront.

C'est tant mieux, bien sûr. Mais il ne faudrait pas qu'il y ait maldonne. Le statut spécifique, nous l'avons obtenu de facto de haute lutte en décembre 2014, avec la parution du "référentiel-métier" qui distingue clairement le métier de Directeur d'école de celui d'enseignant. Notre problème est que nous n'avons rien obtenu de ce qui devrait l'accompagner: ni la reconnaissance institutionnelle avec un corps spécifique distinct de celui de Directeur d'établissement du secondaire, dont nous ne voulons pas car nous revendiquons absolument que l'accès à la fonction soit réservée aux enseignants du primaire, ni les moyens de notre action en personnel d'accompagnement, en rémunération... Notre situation sur le terrain n'a pas changé, et la plupart d'entre nous continuons à exercer deux métiers en parallèle, ce qui est le comble de l'absurdité.

Ce statut de chef d'établissement du primaire, nous ne l'obtiendrons jamais. Du moins dans les circonstances présentes. Après des années de réflexion, le GDiD a fini par admettre qu'il était impossible de créer un corps spécifique pour 46000 Directrices et Directeurs dont les conditions d'exercice sont si dissemblables. Quel rapport entre mon travail dans ma petite école maternelle favorisée de trois classes et celui de mon collègue de la commune voisine avec une grosse école élémentaire en ZEP? Si le fond est le même, je suis totalement conscient que la forme diffère trop pour que nous puissions réellement être mis sur le même plan. D'autre part, nous sommes si nombreux! Alors qu'il n'existe que 5200 collèges et 2600 lycées... Soyons logiques.

C'est pourquoi le GDiD s'est tourné vers ce que nous considérons comme la seule solution viable pour que les Directrices et Directeurs d'école puissent exercer sereinement leur mission: le regroupement d'écoles en Établissements du Premier Degré. Certains écoles primaires (donc avec maternelle et élémentaire) présentent déjà les caractéristiques essentielles au fonctionnement d'un établissement de ce type, sauf... les avantages que représenterait une équipe d'accompagnement (secrétariat, conseiller d'éducation, surveillants...) ni ceux afférents à ce statut spécifique que nous souhaitons, en particulier le salaire.

Voilà donc aujourd'hui ce que le GDiD réclame: l'établissement du premier degré, qui apportera dans son essence ce qu'il nous faut pour travailler. Pour nous l'école de Jules Ferry fait partie d'un glorieux passé qu'il nous faut dépasser tant les enjeux ont changé dans l'enseignement que nous devons à nos élèves, et que nous voulons leur apporter. Car personne ne doit se tromper, c'est bien pour nos élèves que nous souhaitons pouvoir travailler correctement, pas pour des questions d'ego ou je ne sais quoi d'autre. Je l'écris d'autant plus sereinement que ma retraite est proche et que je ne connaitrai pas personnellement cette évolution. Mais continuer dans les conditions actuelles, ne réclamer comme le font certains sans vergogne simplement qu'un peu de temps et un statut pour les EVS, sont des cache-misère mortifères. Il ne faut pas se tromper de lutte. Et il faut bien que chacun de ceux qui actuellement s'interrogent sur leur métier de Directrice ou Directeur, mais voudraient que surtout rien ne change pour que tout bouge, comprenne les enjeux, et notre projet.

Vous voilà informés.

3 commentaires:

  1. Merci Pascal toujours aussi juste
    Alain

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  2. "Quel rapport entre mon travail dans ma petite école maternelle favorisée de trois classes et celui de mon collègue de la commune voisine avec une grosse école élémentaire en ZEP?"
    Sauf que dans le 2nd degré, il y a plusieurs catégories d établissements avec + ou - d adjoint et + ou - de CPE, zep ou non, cela varie énormément AUSSI

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