dimanche 16 juin 2019

Alors voilà...

Nous sommes arrivés au bout du marathon législatif, pour que rien ne change de ce qui aurait dû être changé. Après trois décennies de rapports et de commissions et de discussions le néant s'impose encore une fois aux Directeurs d'école comme une vérité maintes fois dénoncée mais qui persiste : non, en France, au XXIème siècle, moderniser la gouvernance de l'école n'est pas une priorité, ce qui compte c'est surtout maintenir à tout prix le fonctionnement pyramidal vertical du haut vers le bas d'une institution qui s'effondre sous sa propre incurie.


Les Directrices et Directeurs d'école peuvent bien crever. Entre les menaces de notre propre administration qui tente de sauver les apparences, la fumisterie d'idées toutes faites dans un ministère qui ne comprend rien à ce métier, l'absence de soutien voire l'écrasement d'une institution inhumaine qui chaque jour nous prouve un peu plus son incompétence et son éloignement des réalités du terrain, nous Directrices et Directeurs d'école sommes et restons et resterons certainement hélas encore longtemps les dindons d'une farce sinistre. J'ai concrètement l'impression de m'être de nouveau pris un joli coup de pied au cul.

Ceci arrange tout le monde : un Etat qui veut à nos postes des professionnels aguerris mais sans nous payer ne serait-ce que convenablement; des syndicats gauchistes qui ne veulent ni Dieu ni maître mais sont très heureux de pouvoir compter sur ces pauvres connards de Directeurs pour assumer les responsabilités à leur place; une administration de base qui s'imagine sortie de la cuisse de Jupiter ... même les réseaux sociaux et les médias nous portent la parole réjouie d' "adjoints" qui ne veulent pas d'un "petit chef" mais seront totalement incapables de se débrouiller sans lui. Leur hypocrisie me fascine, à moins que ce soit leur imbécillité.

Je suis dégoûté. D'autant plus que ce n'est que partie remise pour le rattachement du primaire au second degré, ça nous revient avec une régularité de métronome alors que personne ne se fasse d'illusion ! Au fond la question est simple : soit nous obtenons la création d'établissements du primaire, ce que j'appelle de mes vœux, soit dans un an ou deux ou trois on nous filera de nouveau sous une appellation différente cette main-mise du collège.

Alors quoi ? Sommes-nous trop gentils ? Sommes-nous trop respectueux des formes de notre démocratie ? Puisqu'il semble qu'à notre époque ce soit celui qui braille le plus fort et qui casse le plus de choses qui ait raison, faut-il que nous aussi nous menacions, nous injurions, nous brisions des vitrines ? 

Pas notre genre évidemment. Pourtant à certains moments j'ai l'impression, comme disait mon père, qu'il y a des baffes qui se perdent. Et puis Monsieur le Ministre vient de nous rappeler que nous devons - article 1 - être "exemplaires" : s'il nous refuse toute considération et le salaire auquel nous aurions droit en revanche il ne manque pas de nous taper sur les doigts, comme les maîtres d'école de mon enfance. De là à extrapoler sur une vision pagnolesque de cette institution, très vieille France et troisième république... C'est à se demander, vraiment, si nous sommes bien en 2019.

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