samedi 7 juillet 2018

État d'âme... tadam !

Ce sont les vacances.... Bonnes vacances à tous.

Je suis épuisé. Les années se suivent, se ressemblent et ne se ressemblent pas, autant il y a deux ans j'avais vécu une année épouvantable autant malgré le nombre celle-ci a été bonne. Mais c'est moi qui ne suis plus. Mes 57 ans retombent cruellement sur mes épaules. J'ai toujours beaucoup de plaisir à accompagner mes élèves de moyenne ou grande section, j'en reçois beaucoup mais certainement pas plus que ce que je leur donne. Chaque effort aujourd'hui me coûte. La direction par-dessus le marché évidemment, même si notre petite équipe fonctionne bien, même si les familles sont dans leur très grande majorité des gens agréables et compréhensifs. Même si mon IEN est une personne responsable dont la confiance est inébranlable. Même si à mon âge, avec ma personnalité, mon ancienneté, ma réputation et mon entregent personne ne me cherche trop noise. Je n'ai plus l'âge, c'est tout, de lever un gosse qui me tend les bras pour un câlin, ou de supporter le bruit ahurissant d'une classe de maternelle.

Alors ce seront certainement d'excellentes vacances, bien sûr. Je n'appréhende pas la prochaine rentrée, j'en ai trop fait, ni mes prochains élèves qui déjà cette dernière semaine me faisaient quelques tentatives d'approche couronnées de succès parce que je reste malgré tout un amoureux de la petite enfance. Mais je n'ai pas l'énergie ni la force que j'avais il y a trente, vingt, dix ou seulement cinq ans. Si je vous dis que mon passage à la classe exceptionnelle - que mon IEN trop heureuse de m'en informer en milieu de CAPD a qualifié avec raison de "signe de reconnaissance" -, s'il satisfait mes calculs pour ma retraite, concrètement m'indiffère ? Les "signes de reconnaissance" flattent un ego que je n'ai plus, d'une part parce que sais ce que je vaux et ce que je fais, aussi parce que tous ceux qui m'entourent trouvent ça "normal". C'est un peu idiot, c'est très conscient également. Et c'est certainement une question d'âge... Vous verrez ! 

Bref, je ne m'excite plus. Je n'en ai plus les moyens, je n'en ai plus l'envie tant je reste concerné par l'envie que notre travail change. Je ne crois pas à la violence, sa stérilité comme ses effets à retardement l'invalident. Je crois au travail lent et concentré, je crois à l'investissement, à la répétition, à l'acharnement. Ce que j'écris là vaut tout autant pour ma propre vie que pour mon travail ou pour le GDiD, ou pour les mouvements et indignations ponctuels. Les soubresauts sont autant chargés d'illusion qu'ils portent leur propre fin. Oui, je pointe certaines initiatives récentes dont je parlerai plus longuement bientôt quand j'aurai recouvré une partie de mes moyens. Parce que curieusement, à chaque âge de ma vie, ni la fatigue ni les épreuves - j'ai eu et j'ai mon lot, que je vous épargne - ne m'ont fermé ma gueule. J'en suis heureux aujourd'hui, cela m'a servi et desservi, mais permis de conserver ma fierté et le minimum de conscience nécessaire à une juste appréciation des choses.

Si vous m'avez lu jusque là, vous êtes courageux. Je souhaite une bonne retraite à Patrick Salvi, je me doute qu'elle sera excellente. Patrick fut un membre éminent du GDiD, une clef du groupe, dont le travail fut primordial et qui ne sera pas oublié - par personne, qu'il le comprenne et qu'il s'en réjouisse ces prochaines années -. Il nous invitera un jour à Porto-Vecchio, nous boirons comme des cochons en oubliant griefs absurdes et egos vexés. Je souhaite à tous des vacances reposantes et j'exige qu'elles s'abstiennent de toute relation consciente ou inconsciente avec l'école, je vous donne rendez-vous dès... demain ? Après-demain? Dans quelques jours? Pour vous dire clairement ce que je pense de ce qui se passe et des velléités de tout un chacun. Je n'épargnerai rien ni personne, sur Face de bouc, sur le blog du GDiD pour la parole officielle et consensuelle quand j'ai le temps d'y écrire ou sur le Confort Intellectuel pour ceux qui auront envie d'en prendre plein la gueule.

Gros bisous à tous, vous le méritez certainement. Et ne vous méprenez pas, par essence je suis incapable de ne pas aimer, c'est au-dessus de mes forces.

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